Le Témoignage Juif: le fils d’une vierge venant de la lignée de David?

Nous avons vu par ailleurs l’origine du titre ‘Christ’. Considérons donc à présent une question controverse: Jésus de Nazareth est-il le ‘Christ’ prédit dans l’Ancien Testament Hébreu? C’est une sérieuse question à se poser.

De la lignée de David

Le Psaume 132 de l’Ancien Testament, écrit bien avant la venue de Jesus (environs 1000 avant J.-C.), contenait une prophétie très spécifique qui dit ceci:

10 “A cause de ton serviteur David,
ne repousse pas celui que tu as désigné par onction!
11 L’Eternel a fait ce serment véridique à David,
et il ne reviendra pas sur ce qu’il a promis:
«Je mettrai sur ton trône un de tes enfants.
12 Si tes fils respectent mon alliance
et les instructions que je leur donne,
leurs fils aussi seront assis
pour toujours sur ton trône.»
13 Oui, l’Eternel a choisi Sion,
il l’a désirée pour lieu d’habitation:
14 «C’est mon lieu de repos pour toujours.
J’y habiterai, car je l’ai désiré.
15 Je bénirai sa nourriture,
je rassasierai de pain ses pauvres,
16 je revêtirai ses prêtres de salut,
et ses fidèles pousseront des cris de joie.
17 Là je ferai grandir la puissance de David,
je préparerai un successeur pour celui que j’ai désigné par onction”
Psaume 123:10-17

Souvenez- vous que ‘celui qui est oint = Christ = ‘Messie. On peut voir qu’avant même qu’il n’y ait la Chrétienneté, les Psaumes hébreux/juifs prédirent que celui qui est oint de Dieu ( =’Christ’) viendrait de la lignée de David.

Bien sûr, nous voyons ceci dans le Nouveau Testament où les généalogies de Jésus le présentent comme étant de la lignée de David – tout comme le prédit le Psaume 132.

Jésus était il réellement de la lignée de David

Il semble que la revendication de la réalisation de cette prophétie dans le Nouveau Testament soit suspecte. La raison pour laquelle Matthieu et Luc incluent la généalogie de Jesus dans leur évangile est parce qu’ils veulent que nous voyons une réalisation de la prophétie Juive en Jesus.

Mais qui peut dire s’ils n’ont tout simplement pas inventé leur généalogies pour qu’il y ait une “réalisation”? Ce serait une explication plus naturelle que celle d’un accomplissement ‘divin’. Beaucoup parmi nous face à cette question soit la laissent en suspens soit croient ou ne croient pas et ceci à cause de nos préjugés. Mais attendez le verdict! Le plaidoyer n’est pas terminé – il y a de plus amples preuves à faire ressortir.

Lorsqu’il s’agit de découvrir ce qui s’est ‘réellement’ passé, cela aide de chercher ce que déclarent les témoins hostiles. Un témoin hostile se trouvait être juste sur la scène mais ne partage pas votre opinion général ou votre conclusion. Il est de ce fait déterminé à contredire ou réfuter votre témoignage. Imaginons qu’il y ait eu un accident de voiture entre une personne A et une personne B. Chacun tient l’autre responsable pour l’accident. Mais imaginez que la personne A ait vu la personne B en train de ‘texter’ juste avant l’accident.

La personne B n’a aucune motivation pour être d’accord avec la personne A sur ce point, et si elle admet qu’elle était en train de texter juste avant l’accident alors le juge et le jury ont une bonne raison d’assumer que la personne B était en train de texter puisque les témoins oculaires sont d’accord sur ce point et que la personne B n’a rien à gagner mais à tout à perdre si elle est d’accord sur ce point.

De la même façon, en passant au crible les sources historiques hostiles on peut grandement avancer dans la recherche de ce qui s’est réellement passé lors des controverses et des événements concernant Jésus. A la lumière de ceci, j’ai trouvé intéressant l’étude du travail de l’éminent spécialiste F.F. Bruce Jesus et Christian Origins outsider the New Testament (traduction: Jésus et les Origines Chrétiennes en dehors du Nouveau Testament) ( 1974 215pp.)

Dans cette étude, il a identifié et analysé les références Juives Rabbiniques à Jésus dans le Talmud et la Mishna. Il a noté les commentaires rabbiniques suivant sur Jésus:

Ulla dit: Pourriez-vous croire que la défense de Jésus ait pu être poursuivi avec autant de zèle? C’était un imposteur et le Tout miséricordieux dit: ‘Mais tu le feras mourir; ta main se lèvera la première sur lui pour le mettre à mort, et la main de tout le peuple ensuite; [Deutéronome 13:9].  C’était différent pour Jésus car il était proche de la royauté p56

FF Bruce fait la remarque suivante concernant la déclaration rabbinique:

L’interprétation est qu’ils essayaient de lui trouver une défense (une note apologétique contre les Chrétiens est visible ici). Pourquoi essayeraient ils de défendre quelqu’un avec de tels crimes. Parce qu’il était ‘proche de la royauté’ c.-à-d. de David. p57

En d’autres termes, Les rabins juifs hostiles ne contestaient pas l’assertion que Jésus était vraiment de la lignée de David. Bien qu’ils n’acceptaient pas la revendication de Jésus d’être le ‘Christ’, et bien qu’ils aient été opposés aux déclaration de l’évangile à son sujet, ils affirmaient toujours que Jésus était issu de la lignée de David.  Nous voyons donc que les auteurs de l’Evangile n’ont pas tout simplement inventé ceci pour pouvoir obtenir la ‘réalisation’.  Les témoins hostiles sont d’accord sur ce point.

Jesus, né d’une vierge, que penser?

On peut très bien pas réagir trop fortement contre le fait que Jésus se revendiquait de la lignée de David. Après tout, il y a toujours une possibilité statistique qu’il y ait des chances que ceci soit vrai.

Mais né d’une vierge?! Il n’y a aucune possibilité que ceci puisse arriver ‘par chance’. C’est un de ces: malentendus, une pure invention, ou alors un Evénement Divin – il n’y a pas d’autres options. Luc et Matthieu affirment clairement que Marie conçut Jésus alors qu’elle était vierge.

Et Matthieu renchérit en citant et déclarant que ceci était la réalisation clair d’une prophétie d’Esaïe ( 750 av. Jésus Christ) qui dit:

Voilà pourquoi c’est le Seigneur lui-même qui vous donnera un signe:  la vierge sera enceinte, ell mettra au monde un fils et l’appeler à Emmanuel. (cad. Dieu avec nous) Esaïe 7:14 ( et quoté dans Matthieu 1:23 comme réalisation).

C’est à ce point où de plausibles explications naturelles viennent à l’esprit. Si vous creusez juste un peu (comme le font certains) vous apprenez que l’Hébreu (הָעַלְמָ֗ה transcrit haalmah) qui est traduit par ‘vierge’ ci-dessus pouvait aussi dire ‘jeune vierge’, c.-à-d. une jeune femme non mariée.

Peut être c’était tout ce qu’Esaïe voulait dire, en 750 av. Jésus Christ, et étant donné certains ‘besoins’ pieux de la part de Matthieu et Luc de vénérer Jésus ils ont interprété qu’ Esaïe voulait dire ‘vierge’ alors qu’il voulait réellement dire ‘jeune femme’. La grossesse précoce (pratique cependant pour ‘la prophétie’) de Marie avant son mariage, se développe parfaitement en pièce maîtresse de ‘l’accomplissement divin’ de la naissance de Jésus.

Beaucoup m’ont donné de telles explications au cours des années. D’une part, je ne peux les réfuter – après tout les preuves sur la virginité ou non sont difficiles voire impossibles à prouver.  Mais, sans aucun doute, l’histoire n’est pas simple. Le Septante était la traduction juive de l’Ancien Testament Hébreu en Grec réalisé en 250 av. Jésus Christ – 250 ans avant que Jésus soit né.

Comment ces rabbins juifs ont traduit Esaïe 7:14 de l’Hébreu an Grec? Ont-ils traduit par ‘jeune femme’ ou ‘vierge’?  Ce qui m’étonne c’est que bien que les vingtaines de personnes à qui j’ai parlé à ce sujet semblent connaître le fait que l’hébreu original puisse signifier soit ‘jeune femme’ soit ‘vierge’, aucun d’entre eux n’a jamais évoqué le témoignage du Septante.

Lorsque on y regarde, on voit que ceci est traduit, sans équivoque et de façon catégorique par παρθένος (transcrit parthenos), qui signifie ‘vierge’.  En d’autres termes, les rabbins éminents de l’époque de 250 av. Jésus Christ comprirent la prophétie hébraïque comme signifiant ‘vierge’, et pas ‘jeune femme’ – plus de 250 ans avant que Jésus n’apparaisse sur la scène. Ce concept n’a pas été inventé par les auteurs de l’Evangile ou les premiers Chrétiens, c’était juif même bien avant le naissance de Jésus.

Donc pourquoi, un groupe d’érudits juifs en 250 av. Jésus Christ (soixante dix d’entre eux ‘après la tradition) auraient fait une prédiction aussi ridicule et si improbable qu’une vierge allait avoir un fils.  Si vous pensez que c’était parce qu’ils étaient superstitieux et peu scientifiques à cette époque, alors réfléchissez- y. Les gens dans cette région étaient fermiers.

Ils savaient très bien comment la reproduction se passait. Même cent ans avant le Septante, Abraham et Sarah savaient qu’après un certain âge, la ménopause s’installait et que la grossesse devenait impossible.

Aucuns érudit en 250 av. Jésus Christ ne connaissait la table périodique des éléments ou le spectre électromagnétique complet, mais ils comprenaient comment les animaux et les êtres humains se reproduisaient. Ils auraient su que c’était naturellement impossible de prédire une naissance pour un vierge. Mais ils n’ont pas protégé leurs arrières en la faisant devenir une ‘jeune femme’ dans le Septante. Non, ils ont écrit noir sur blanc qu’une vierge aurait un fils.

A présent, considérons l’accomplissement d’une partie de cette prophétie. Bien qu’il ne puisse pas être prouvé que Marie était une vierge, elle était au stage bref de sa vie ou ceci pouvait au moins demeurer une question ouverte.

C’était une époque où les familles était nombreuses. Les familles avec dix enfants n’étaient pas rares. Ceci étant, quelle était la probabilité que Jésus soit le plus vieil enfant?  Car s’il avait eu un frère ou une sœur plus âgée, nous saurions alors que Marie n’était pas vierge. De nos jours, lorsque les familles ont environ 2 enfants, ça correspond à cinquante cinquante des chances, mais à cette époque, c’était plus près de 1 chance sur 10.

En d’autres termes, les chances étaient de 9 sur 10 pour que l’accomplissement puisse être rejeté par le simple fait que Jesus ait eu un frère ou sœur aîné. – mais encore une fois (contre toute attente) il n’en avait pas. A présent, regardons dans tout cela le timing remarquable des fiançailles de Marie. Si elle s’été marié même quelques jours auparavant, la ‘réalisation’ de la prophétie de la naissance venant d’une vierge pouvait encore être tout simplement exclu. Par ailleurs, si elle n’avait pas été encore  fiancée et était devenue enceinte,elle n’aurait pas eu de fiancé pour prendre soin d’elle. Dans cette culture, étant enceinte mais non fiancée, elle aurait eu à se défendre seule – si on l’avait laissé vivre.

Le contexte de Marie

Ce qui me frappe, ce sont ces séries de ‘coïncidences’ remarquables et invraisemblables qui rendent l’explication concernant la vierge impossible à réfuter.  Si Marie avait été marié avant que Jésus soit né ou si Jesus avait eu des frères et sœurs plus âgés, alors les témoins juifs hostiles l’auraient certainement fait remarqué. A la place, il semble encore une fois qu’ils s’en soient remis aux auteurs de l’évangile sur ce point. FF Bruce note ceci lorsqu’il explique la façon dont Jésus est fait référence dans les écrits rabbiniques:

Jésus est fait référence dans la littérature rabbinique en tant que Jesus ben Panteta ou ben Pandira. Ceci peut signifier ‘le fils de la panthère’. L’explication la plus probable est que c’est une altération de parthenos, le mot grec pour ‘vierge’ et il émergea des références chrétiennes où il apparaît comme le fils d’une vierge ( p57-58)

Aujourd’hui, tout comme à l’époque de Jésus, il y a beaucoup d’hostilité envers Jésus et ce que revendique l’évangile. A l’époque, comme maintenant, il y avait une animosité significative envers lui. La différence cependant concernant l’hostilité c’est qu’à cette époque là, il y avait aussi des témoins, et en tant que témoins hostiles, ils n’ont pas réfuté certains points basiques qu’ils auraient dû pouvoir réfuter, s’ils avaient été inventés ou erronés.

D’où vient ‘Christ’ dans Jésus Christ?

Je demande parfois aux gens quel était le nom de famille de Jésus. Généralement ils répondent quelque chose comme: « Je suppose que son nom de famille était ‘Christ’, mais je ne suis pas sûr. » Alors je demande: “Si c’était le cas alors, quand Jésus était enfant est-ce que Joseph Christ et Marie Christ emmenaient le jeune Jésus Christ au marché ?” Présenté ainsi, ils réalisent que ‘Christ’ n’est pas le nom de famille de Jésus. Donc,‘Christ’, qu’est ce que c’est? D’où vient le terme ? Que veut-il dire ? Nous allons explorer cela dans cet article.

Traduction par opposition à Transcription

Nous devons tout d’abord nous assurer de comprendre quelques principes de base de la traduction. Les traducteurs s’efforcent de capturer la signification la plus juste. Ils n’utilisent donc pas toujours une approche mot à mot. Parfois, les traducteurs choisissent de traduire selon la similarité du son plutôt que selon le sens. Ceci est particulièrement vrai pour les noms ou les titres. Ceci est connu sous le nom de transcription. Par exemple, le nom anglais Peter est une transcription du nom grecque Πέτρος (Petros), qui signifie ‘rocher’ en grecque. Le nom a été apporté vers l’anglais par similarité de son, (Peter ressemble à Petros) plutôt que par son sens. Cependant, nous savons que le même nom en Français est Pierre, qui signifie ‘pierre’. Le nom a donc été apporté du Grecque vers le Français par traduction (même sens) plutôt que par transcription (même son). Concernant la bible, les traducteurs ont dû décider si les mots (en particulier les noms et les titres) seraient meilleurs (dans la langue de réception) traduits (signification) ou transcris (son). Et il n’y a pas de règles spécifiques; parfois, c’est mieux de traduire et parfois c’est mieux de transcrire.

Le Septante

A présent,  découvrons en détail les principes de l’histoire de la traduction biblique. La première traduction de la bible fut lorsque l’Ancien Testament Hébreu fut traduit en Grecque vers l’an 250 av. J-C. Cette traduction est connue sous le nom de Septante (ou LXX). Elle a exercé une énorme influence dans le monde occidental.

Fait très important: puisque le Nouveau Testament fut écrit en Grecque, lorsque ceux qui ont écrit le Nouveau Testament se référaient à l’Ancien Testament (ce qu’ils faisaient fréquemment) ils utilisaient le Septante Grecque plutôt que l’Ancien Testament Hébreu dans leur citations.

Traduction  & Transcription dans le Septante

Le schéma ci-dessous montre l’impact de tout ceci dans les Bibles modernes où les étapes de traduction sont visualisées dans les quadrants.

Ceci montre le parcourt de traduction de la Bible d'origine vers la Bible contemporaine.
Ceci montre le parcourt de traduction de la Bible d’origine vers la Bible contemporaine.

Le texte de l’Ancien Testament Hébreu d’origine trouvé dans le quadrant #1 est accessible aujourd’hui dans le texte Massorétique et les Rouleaux de la Mer Morte. Le Nouveau Testament Grecque est dans le quadrant #2. Étant donné que le Septante était une traduction de l’Hébreu vers le Grecque, ceci est matérialisé par une flèche allant du quadrant #1 au quadrant #2 de sorte que le quadrant #2 contienne à la fois l’Ancien et le Nouveau Testament. Dans la moitié basse (#3) se trouve une langue moderne dans laquelle la Bible est traduite. Les traducteurs ont dû décider si le choix du vocabulaire était mieux dans le langage du récepteur, en utilisant la translitération ou alors la traduction, comme expliqué ce dessus. Ceci est illustré par les flèches vertes intitulées transcrire ou traduire de chaque côté, montrant que les traducteurs pouvaient choisir l’une ou l’autre des approches. Considérée dans son ensemble, cette illustration montre par quel processus les textes bibliques sont passés de l’Hébreu et du Grecque vers les langues modernes d’aujourd’hui.

L’origine de ‘Christ’

Dans l’illustration suivante, je suis à nouveau le procédé ci-dessus mais, cette fois-ci, je me concentre spécifiquement sur le terme ‘Christ’ qui apparaît dans nos Nouveaux Testaments modernes.

D’où vient ‘Christ’ dans la bible?

Titre 'Christ' dans la Bible
Titre ‘Christ’ dans la Bible

Nous voyons que dans l’Ancien Testament Hébreu d’origine, le terme était ‘mashiyach’ ce qui est définit dans le dictionnaire hébreu comme une personne ‘ointe ou consacrée’. Les Prêtres hébreux et les Rois de la période de l’Ancien Testament étaient oints (frictionnés d’huile de façon cérémonielle) avant de rentrer en fonction, ils étaient donc les consacrés ou mashiyach. Cependant, certains passages prophétiques de l’Ancien Testament parlaient aussi d’un mashiyach spécifique (avec l’article définit ‘le’) dont la venue était prophétisée. Lorsque le Septante fut développé en 250 avant JC, les traducteurs choisirent un mot en Grecque ayant une signification similaire, Χριστός (qui raisonne comme Christos), qui venait du mot Chrio, qui signifiait frictionner d’huile de façon cérémonielle. Par conséquent, le mot Christos fut traduit par son sens (et non transcrit par son son) de l’Hébreu original ‘mashiyach’ vers le Septante grecque faisant référence spécifiquement à cette personne. Les auteurs du Nouveau Testament comprirent que Jésus était cette même personne dont le Septante se référait, et ainsi ils continuèrent à utiliser le mot Christos dans les écrits pour désigner Jésus comme ce mashiyach. Mais lorsque nous sommes passés à l’époque moderne, il n’y avait pas de mot connu avec une signification similaire donc Christos fut transcrit du Grecque par ‘Christ’.

‘Christ’ est donc un titre très spécifique trouvant ses racines dans l’Ancien Testament, dérivé par traduction de l’Hébreu vers le Grecque et ensuite transcrit du Grecque. L’Ancien Testament Hébreu est traduit directement en Français et les traducteurs ont fait différents choix en traduisant l’Hébreu original ‘mashiyach’ en Français. Certaines traductions ont transcrit l’Hébreu mashiyach par Messie. D’autres traductions ont traduit mashivach par sa signification et donc on trouve ‘celui qui est consacré’ dans ces passages spécifiques de l’Ancien Testament.

Comme nous ne voyons pas le mot ‘Christ’ dans l’Ancien Testament, cette connexion à l’Ancien Testament n’est pas vraiment apparente. Cependant, de part cette analyse, nous savons que le Christ biblique = Messie = celui qui est consacré et nous savons que c’était un titre spécifique.

Les lecteurs du Nouveau Testament Grecque original auraient vu directement le Christos du Septante et auraient vu la connexion directe alors que nous, nous devons ‘creuser’ davantage pour la voir.

Le Christ prédit au 1er siècle

Armés de cette connaissance, faisons quelques observations concernant les récits de l’Evangile. Ci-dessous nous trouvons la réaction du Roi Hérode lorsque les Mages venant de l’Est vinrent chercher le Roi des Juifs, un passage bien connu de l’Histoire de Noël. Notez que ‘le’ précède Christ, même s’il ne fait pas specifiquement référence à Jésus.

           Quand le roi Hérode apprit cela, il fut troublé et tout Jérusalem avec lui. Il rassembla tous les chefs des prêtres[a] et spécialistes de la loi que comptait le peuple et leur demanda où le Messie devait naître. Mattieu 2:3-4

On voit que l’idée même du terme ‘le Christ’ était déjà communément acceptée par Hérode et ses conseillers religieux – avant même que Jésus soit né – et cette idée et utilisée ici sans faire particulièrement référence à Jésus .

C’est parce que ‘Christ’ vient de l’ Ancien Testament qui était communément lu par les Juifs du premier siècle (tels que Hérode et les grands prêtres de son époque) dans le Septante Grecque.

‘Christ’ était (et est toujours) un titre, pas un nom. Sachant cela, on peut d’ores et déjà rejeter les notions absurdes que ‘Christ’ était une invention chrétienne ou encore une invention venant de quelqu’un comme l’Empereur Constantin de l’époque 325 après J.C., idée rendue populaire par des films tels que le Code Da Vinci. Le terme existait des centaines d’années avant qu’il n’y ait des chrétiens ou avant même que Constantin n’accède au pouvoir.

‘Le Christ’ dans les prophéties de l’Ancien Testament

En fait, le terme prend un titre définitivement prophétique dans les Psaumes écrits par David 1000 ans av. J.C. – c’est à dire bien avant la naissance de Jésus. Regardons ces premiers événements.

 Les rois de la terre se soulèvent
et les chefs se liguent ensemble
contre l’Eternel et contre celui qu’il a désigné par onction:
 «Arrachons leurs liens,
jetons leurs chaînes loin de nous!»
Celui qui siège dans le ciel rit,
le Seigneur se moque d’eux.
 Puis il leur parle dans sa colère,
il les épouvante dans sa fureur:
 «C’est moi qui ai établi mon roi
sur Sion, ma montagne sainte!»
 Je veux proclamer le décret de l’Eternel.
Il m’a dit: «*Tu es mon fils,
je t’ai engendré aujourd’hui!
Psaumes 2:2-7

Au premier siècle, le Septante Grecque était lu de façon beaucoup plus courante que l’Hébreu (à la fois chez les Juifs et les non Juifs). Le Psaume 2 dans le Septante se lisait de la façon suivante ( j’utilise le français avec la transcription Christos pour que vous puissiez ‘voir’ le titre Christ de la même façon qu’un lecteur du Septante):

Les rois de la terre se soulèvent et les chefs se liguent ensemble contre l’Eternel et contre celui qu’il a désigné par onction…Psaume 2

Dans ce passage, vous pouvez désormais ‘voir’ Christ comme un lecteur du premier siècle. Le Psaume continue avec d’avantage de références à ce Christ qui allait venir. J’ai mis le passage standard et le passage transcrit avec ‘Christ’ côte à côte afin que vous puissiez voir ceci.

Psaume 132 – de l’Hébreu Psaume132 – du Septante
Eternel…10 A cause de David, ton serviteur,
Ne repousse pas ton oint!
11 L’Eternel a juré la vérité à David,
Il n’en reviendra pas:
Je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles….
17 Là j’élèverai la puissance de David,
Je préparerai une lampe à mon oint,
18 Je revêtirai de honte ses ennemis,
Et sur lui brillera sa couronne.
Eternel…10 A cause de David, ton serviteur,
Ne repousse pas ton Christ!
11 L’Eternel a juré la vérité à David,
Il n’en reviendra pas:
Je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles….
17 Là j’élèverai la puissance de David[b],
Je préparerai une lampe à mon Christ,
18 Je revêtirai de honte ses ennemis,
Et sur lui brillera sa couronne.

Vous voyez que le Psaume 132 parle spécifiquement au temps futur (“v.17 …je ferai grandir la puissance de David, ) tout comme de nombreux passages à travers l’Ancien Testament. Il est important de se souvenir de ceci lorsqu’on évalue les prophéties. Il ne s’agit pas pour les auteurs du Nouveau Testament de prendre simplement quelques idées venant de l’Ancien Testament et de les ‘ajuster’.  ll est clair que l’Ancien Testament, sans même considérer le Nouveau Testament, fait des affirmations et des prédictions avec des airs de futur. Le Roi Hérode savait que les prophètes de l’Ancien Testament avaient fait des prédictions concernant la venue de ‘Christ’ – c’est pourquoi il était prêt à recevoir la nouvelle. Il fallait juste que ses conseillers lui donnent les détails concernant ces prédictions. C’est un fait connu que les juifs attendent la venue de leur Messie (ou Christ). Le fait qu’ils attendent la venue de leur Messie n’a rien à voir avec Jésus ou le Nouveau Testament ( puisqu’ils n’en tiennent pas compte) mais est entièrement lié aux prédictions et prophéties de l’Ancien Testament.

Les prophéties de l’Ancien Testament: précises comme un verrou dans un système d’anti-vol à clé.

Le fait que les écrits de l’Ancien Testament soient explicitement prédictifs du futur les fait apparaître plutôt dérisoires en comparaison des vastes étendues littéraires produites à travers l’histoire de l’humanité.

C’est comme le verrou d’une porte. Un verrou est créé avec un forme spécifique afin que seule une ‘clé’ spécifique puisse le déverrouiller. De la même façon, l’Ancien Testament est comme un verrou. Nous avons vu que les spécifications ne se trouvent pas seulement dans ces deux Psaumes dont j’ai fait référence mais nous en avons déjà vu d’autres dans les articles sur Adam, le sacrifice d’Abraham, et la Pâque de Moïse (veuillez revoir ceci si cela ne vous est pas familier). Le psaume 132 ajoute la spécificité que ‘le Christ’ serait de la lignée que David. Donc le ‘verrou’ a des spécifications qui se précisent de plus en plus dès lors que nous examinons les passages prophétiques à travers l’Ancien Testament. En étudiant le Nouveau Testament, vous remarquerez qu’il y a beaucoup de prophéties spécifiques faites par différents auteurs au long de l’Ancien Testament, qui se réalisent en Jésus Christ. C’est mettre son temps à profit que de s’informer sur ces prophéties et j’en examinerai plusieurs dans de prochains articles.

La promesse atemporelle à un homme circonspect – discrète mais éternelle

A l’heure de la rédaction, l’attention du monde se porte sur de multiples championnats sportifs.  Le NFL américain se dirige vers le SuperBowl.  Les champions de l’année de hockey et de basketball se décident bientôt.  Et pendant que les fans nord-américains s’accrochent à ces sports, la majorité du reste du monde se focalise sur le Grand Slam de Tennis en Australie.  Et puis les matchs et les championnats de soccer (football) sont toujours présents.

Quant on y pense c’est incroyable que toute l’attention portée sur ces championnats sera en définitive oubliée en l’espace de six mois. Ce que le monde considère important à l’heure actuelle sera vite oublié quand il passe à d’autres amusements, championnats ou événements politiques. Ce qui fait la première page un jour se tourne vite en histoire oubliée le jour suivant.

Nous avons vu dans l’article précédent que ce même schéma se répétait à l’époque ancienne d’Abraham. Les compétitions, les exploits, les drames importants et spectaculaires qui retenaient l’imagination il y a 4000 ans, sont oubliés de nos jours. Mais  une promesse solennelle communiquée calmement à un individu, promesse négligée du monde de ce temps-là, grandit et  déferle sous nos yeux. Je souligne le point évident, mais souvent négligé, que la promesse faite à Abraham il y a environ 4000 ans s’accomplit littéralement, historiquement et est vérifiable. Il y a lieu de reconnaître au moins que cette promesse nous offre un plaidoyer préliminaire en faveur de l’existence du Dieu de la Bible. Le récit d’Abraham se poursuit par d’autres rencontres avec le Dieu de promesses. Abraham et ceux qui suivent son cheminement apprennent encore plus – voir la promesse qui passe du domaine de l’histoire à celui de l’Eternel. Ce récit n’est pas un événement vite démodé comme les championnats sportifs du jour, mais le récit d’un homme circonspect qui permettra de comprendre et saisir l’éternité. Il serait sage d’y prêter attention.

La plainte d’Abraham

Plusieurs années se sont écoulées depuis la Promesse dite à Abraham dans le récit de Genèse 12. Abraham avait déménagé à Canaan (la Terre Promise), Israël aujourd’hui, en obéissant à la promesse. D’autres événements mémorables se produisent ensuite excepté celui qu’il attend – la naissance du fils au travers duquel s’accomplirait la promesse. Nous reprenons le récit à la plainte d’Abraham:

Après ces événements, la parole de l’Eternel fut adressée à Abram dans une vision, et il dit: Abram, ne crains point; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande.

 Abram répondit: Seigneur Eternel, que me donneras-tu? Je m’en vais sans enfants; et l’héritier de ma maison, c’est Eliézer de Damas.Et Abram dit: Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier. (Genèse 15:1-3)

La promesse de Dieu

Abraham campait au Pays et attendait le départ de la ‘Grande Nation’ qui lui était promise. Mais rien ne se passe et il a maintenant environ 85 ans. Il se plaint de ce que Dieu ne tient pas la Promesse qu’Il lui avait faite. Leur conversation se poursuit:

Alors la parole de l’Eternel lui fut adressée ainsi: Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. Et après l’avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Telle sera ta postérité. (Genèse 15:4-5)

Dans l’échange Dieu répète Sa première promesse et déclare qu’il aura un fils qui deviendra un peuple aussi innombrable que les étoiles du ciel – nombreuses mais difficiles à compter.

La réponse d’Abraham: Effet éternel

C’est à Abraham de jouer. Comment répondra-t-il à la Promesse réitérée? Ce qui suit est une phrase que la Bible elle-même considère comme l’une des plus importantes de toute l’Écriture (citée plusieurs fois ultérieurement). Elle établit les fondements pour comprendre l’Évangile et révèle le chemin à l’Eternel. Elle dit :

Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste. (Genèse 15:6)

La phrase est plus facile à comprendre si nous remplaçons les pronoms par des noms. Elle se lit ainsi :

Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel déclara Abram juste. (Genèse 15:6)

C’est une petite phrase qui passe inaperçue. Elle va et vient sans fanfare de championnat et nous sommes enclins à l’éviter. Mais elle a une importance vitale – et elle contient les semences de l’Eternel. Pourquoi? Parce que dans cette petite phrase Abraham est déclaré ‘juste’. Voilà la qualité – et la seule qualité – nécessaire pour se mettre en règle avec Dieu.

Révision du problème: la corruption

Du point de vue de Dieu, bien que nous ayons été créés à Son image, quelque chose est arrivé qui a corrompu l’image. Le verdict biblique est donc :

Du haut du ciel, l’Eternel observe les homes
pour voir s’il y en a un qui est intelligent,
qui cherche Dieu:
3 tous se sont éloignés, ensemble ils se sont corrompus;
il n’y en a aucun qui fasse le bien,
pas même un seul. (Psaume 14:2-3)

Les images qui m’aident à mieux  comprendre sont la corruption des elfes en orcs dans l’épopée du Seigneur des Anneaux ainsi que l’analogie de ‘manquer’ le but utilisée dans la bible. Le résultat final est que nous nous retrouvons séparés d’un Dieu Juste parce que nous n’avons aucune justice. La corruption nous prend et déferle vers un ‘Brave New World’, un monde autonome de Dieu et enclin à faire le mal – la récolte est la futilité et la mort. Si vous en doutez, il suffit de parcourir les manchettes des nouvelles et voir ce que les gens ont fait pendant les dernières 24 heures.

De fait notre corruption nous a rendus répulsifs à Dieu tout comme le cadavre d’un rat en décomposition nous révulserait. Nous ne voudrions pas nous en approcher. La vue et la puanteur nous forceraient à nous tenir à distance. Nous sommes séparés du Créateur de la Vie et les paroles d’Esaïe s’avèrent vraies:

Nous sommes tous semblables à des êtres impurs,
toute notre justice est comme des linges souillés.
Nous sommes tous flétris comme un feuillage,
nos fautes nous emportent comme le vent. (Esaïe 64:5)

Abraham et la justice

Mais nous trouvons cachée, presque inaperçue, dans la conversation entre Abraham et Dieu, la déclaration qu’Abraham a obtenu ‘justice’ – celle que Dieu accepte. Qu’a donc ‘fait’ Abraham pour recevoir cette justice? Encore une fois sans prétentions, le texte dit tout simplement qu’Abraham ‘fit confiance’. C’est tout? Nous voilà devant l’obstacle insurmontable d’être des ‘orcs’ corrompus, et la tendance naturelle, et puis-je dire universelle, de l’être humain à travers les âges  de rechercher des religions sophistiquées et difficiles, des efforts, une morale, des disciplines ascétiques, des enseignements, des systèmes de mérites, etc., – pour acquérir la justice. Mais cet homme, Abraham, obtient cette justice prisée en ‘croyant’ tout simplement.

Que signifie cela? En quoi cela concerne-t-il votre justice et la mienne? Cela a une importance totale pour votre justice et la mienne! Nous le verrons dans l’article suivant.

La voix de l’antique promesse qui résonne encore autour du monde

On peut observer de nos jours une tendance de presse mondiale qui se dégage des autres et qui vaut la peine qu’on s’y attarde. Chaque mois, et même chaque semaine, un flot incessant de rapports et de nouvelles maintient la nation d’Israël régulièrement en évidence. Le conflit avec les Palestiniens, les guerres environnantes ainsi que les tensions au Moyen-Orient sont généralement amplifiés à cause de l’État d’Israël afin que le reste du monde entende toujours parler de ce pays. C’est plutôt inhabituel étant donné qu’Israël est un petit pays en termes géographique, économique et démographique.

Le fait que des événements ayant lieu dans ce minuscule pays d’Israël des temps modernes aient des échos dans le monde entier devrait nous amener à considérer ce qui a déclenché la chaîne d’événements qui ont conduit à cette situation particulière. Pour bien saisir cela, nous devons nous rapporter aux premières pages du livre de la Genèse dans la Bible, où, il y a environ 4000 ans, un individu sans importance a entrepris un voyage de camping qui n’en finissait plus et est devenu célèbre dans le monde entier et le demeure encore aujourd’hui. Cela est assez remarquable en soi, mais comprendre cette histoire comporte des implications bien au-delà des causes et des effets historiques. Le Livre Saint dit que cette histoire aura une incidence sur le résultat de votre destinée éternelle et la mienne. S’il y a la moindre chance que cela soit vrai, nous ferions bien d’être attentifs.

L’homme d’autrefois dont il est question est Abraham (aussi appelé Abram). Le récit de la Bible est si ancien qu’il n’existe pas beaucoup de preuves externes pour réfuter ou confirmer les événements. Mais il y en a quelques-unes. Parmi les 17 000 tablettes d’Ebla découvertes en 1975 et 1976 dans le nord de la Syrie et âgées d’environ 4200 ans, on fait mention de Sodome, Gomorrhe, Adma, Tseboïm et Tsoar comme des «villes de la plaine», les mêmes noms et phrases descriptives utilisés dans Genèse 13: 2 et Genèse 14: 2 – les endroits où Abraham a fait son «camping». Nous avons donc des raisons préalables et suffisantes pour prendre au sérieux ce récit.

 La promesse à Abraham

Le récit biblique d’Abraham commence avec Dieu qui lui fait les promesses suivantes:
«Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai;
Je rendrai ton nom grand et tu seras une source de benediction.
Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront;
… et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.» (Genèse 12: 2-3)

 … promesses accomplies grâce à la renommée d’Abraham

La plupart d’entre nous aujourd’hui se demande s’il y a vraiment un Dieu et s’il s’est réellement révélé à travers le récit biblique ou non. Et dire que nous avons sous les yeux cette promesse, dont certaines parties sont vérifiables. Ce récit mentionne Dieu promettant directement à Abraham :“ Je rendrai ton nom grand ”. Nous voici bien établis dans le 21e siècle et le nom d’Abraham / Abram est l’un des noms les plus reconnus à l’échelle mondiale de l’Histoire de l’humanité.

Cette promesse est devenue une réalité littérale, historique et vérifiable. La première copie encore existante de la Genèse vient des Manuscrits de la Mer Morte, qui datent d’entre 200 à 100 ans avant J-C. Cela signifie que cette promesse a, à tout le moins, été mise par écrit depuis ce temps. Pourtant, à ce moment-là, la personne et le nom d’Abraham n’étaient connus que de la minorité de Juifs qui suivaient la Thora. Nous pouvons donc voir que l’accomplissement est survenu seulement après qu’elle a été écrite, pas avant. Nous ne sommes certainement pas devant le cas d’un événement consigné après le fait.

… grâce à sa grande nation

Ce qui est également étonnant est qu’Abraham n’a vraiment rien accompli de remarquable dans sa vie – le genre de chose qui rend normalement le nom de quelqu’un «grand ou célèbre». Il n’a rien écrit d’extraordinaire (comme l’Odyssée d’Homère ou le Code d’Hammourabi), il n’a pas été à la tête d’un empire (comme les Pharaons d’Egypte), il n’a pas conduit de campagnes militaires impressionnantes (comme Hannibal ou Alexandre le Grand ), ni rien inventé. Il n’a rien fait d’exceptionnel, à part camper et engendrer quelques lignées. Si vous aviez eu l’habitude de parier en ce temps-là, vous auriez sans doute misé sur un des rois, des généraux, des guerriers, ou encore des poètes de l’époque pour devenir grand et célèbre dans         l’Histoire. Mais tous ces noms sont tombés dans l’oubli – tandis que l’homme qui réussit à peine à engendrer quelques fils dans le désert est devenu célèbre dans le monde entier. Son nom est devenu grand seulement parce que les nations qu’il a engendrées ont inscrit son nom dans leurs annales – et qu’ensuite seulement des individus et des nations qui sont sortis de lui sont devenus grands. C’est exactement ce qui avait été promis il y a longtemps dans Genèse 12 : «Je ferai de toi une grande nation … je rendrai ton nom grand”. Je ne peux penser à personne d’autre dans toute l’Histoire qui est devenu grand uniquement à cause de ses descendants et non à cause de ses exploits.

… Par la volonté de celui qui a fait la promesse

Tant qu’à la nation qui descend aujourd’hui d’Abraham – les Juifs – elle n’était jamais vraiment une nation avec laquelle nous associons généralement la grandeur. Ils n’ont pas construit de grandes structures architecturales comme les pyramides d’Égypte, écrit de dissertations philosophiques comme les Grecs, ou été des administrateurs ou des bâtisseurs comme les Romains – qui l’ont fait dans le contexte de puissances mondiales étendant leurs vastes frontières grâce à leur pouvoir militaire extraordinaire. La renommée du peuple juif est principalement due au livre de la Thora dont ils sont à l’origine, à quelques individus remarquables issus de leur lignée, et au fait qu’ils ont survécu depuis des milliers d’années comme peuple distinct et à part. Leur grandeur n’est pas vraiment liée à ce qu’ils ont accompli, mais plutôt à ce qu’on leur a fait et à ce qui a été fait à travers eux. Arrêtons-nous maintenant sur la raison qui allait mener cette promesse à l’aboutissement. Là, noir sur blanc, il est écrit à plusieurs reprises “Je vais …”. La façon unique par laquelle leur grandeur a joué un rôle dans l’histoire s’inscrit remarquablement une fois de plus dans cette déclaration que c’est Dieu qui rendrait cela possible et non leur propre capacité, leurs efforts de conquête ou la puissance de leur «grande nation». L’attention portée à travers le monde aujourd’hui pour les nouvelles en provenance d’Israël est un cas d’espèce. Entendez-vous régulièrement parler d’événements d’actualité en Hongrie, en Norvège, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Bolivie, ou en République Centrafricaine – tous des pays de taille similaire à travers le monde?

Rien de naturel dans l’Histoire, ni dans aucun événement humain, n’aurait pu mener à l’accomplissement de cette ancienne promesse telle que déclarée à cet homme d’autrefois qui, parce qu’il a eu confiance en cette promesse, a choisi le «chemin le moins fréquenté». Pensez à combien peu probable cette promesse allait se réaliser. Mais elle s’est accomplie et continue à s’accomplir, comme déclaré il y a des milliers d’années. Il n’y a aucun doute que c’est uniquement sur le pouvoir et l’autorité de celui qui a fait la promesse que celle-ci s’est réalisée.

 Le périple qui secoue encore le monde

Abraham trekCette carte montre l’itinéraire du voyage d’Abraham.

La bible déclare ensuite qu’ «Abram partit comme l’Éternel le lui avait dit» (v. 4). Il s’est mis en route pour le voyage indiqué sur la carte et dont on parle encore aujourd’hui.

 

Des bénédictions pour nous

Mais il y a plus encore! La bénédiction n’était pas seulement pour Abraham puisqu’il est aussi dit que «toutes les familles de la terre seront bénies en toi” (c’est-à-dire à travers Abraham). Cela devrait nous secouer vous et moi et nous pousser à prêter attention. Parce que vous et moi faisons partie de “toutes les familles de la terre”- quels que soient notre religion, notre origine ethnique, notre pays, notre statut social ou notre langue. La portée de cette promesse englobe tout le monde aujourd’hui! Comment? Quand? Quel genre de bénédiction? Ce n’est pas clairement indiqué ici, mais c’est le début de quelque chose qui nous affecte directement vous et moi. Puisque nous savons que les premières parties de cette promesse se sont réalisées, nous pouvons avoir l’assurance que la dernière partie qui s’applique à nous, s’accomplira également. Nous n’avons besoin que de la clé pour résoudre l’énigme. Et nous la trouverons en continuant à suivre le parcours d’Abraham. La clé de «justice» que tant de personnes dans le monde entier cherchent ardemment à découvrir nous sera révélée dans notre prochain article où nous continuerons à suivre les traces de cet homme remarquable.

Le compte à rebours est lancé – dès l’origine

Dans les articles précédents j’ai considéré la chute de l’homme à partir de son état créé à l’origine. Mais la Bible poursuit un plan conçu par Dieu. Ce plan est centré sur une Promesse.

La Bible – une vraie bibliothèque

Pour bien comprendre cette Promesse il faut connaître les principes de base de la Bible. Bien qu’il s’agisse d’un livre, une appellation plus juste serait celle d’une bibliothèque portable. En effet elle inclut un recueil de livres, écrits par un groupe d’auteurs variés sur une durée de plus de 1500 ans, et reliés de nos jours en un seul tome. Ce fait unique distingue la Bible de tous les Grands Livres du monde. Les différents livres de la Bible présentent des thèses, déclarations et prédictions reprises plus tard par d’autres écrivains. Si la Bible n’avait qu’un seul auteur, ou groupe d’auteurs qui se connaissent, cela ne devrait pas surprendre. Mais les auteurs de la Bible sont séparés par des centaines voire des milliers d’années et sont de classes sociales diverses; ils écrivent dans des civilisations, des langues et des genres littéraires différents; et cependant les messages, allusions et prédictions sont repris sans heurt par les auteurs suivants, ou s’accomplissent par des faits historiques vérifiables en dehors de la Bible. La Bible se distingue ainsi sur un plan tout différent – et en connaissance de cause nous cherchons à comprendre son message. Les manuscrits actuels des livres de l’Ancien Testament (livres qui précèdent Jésus) datent d’environ 200 av. J.-C., beaucoup plus récents que les textes de base pour tout autre livre de l’antiquité.  Et comme le dit l’article sur la fiabilité textuelle, les manuscrits du Nouveau Testament datent d’à partir de 125 apr. J.-C.

La promesse de l’Évangile dans le Jardin

Nous voyons cette aptitude prophétique dans le récit de la Création et de la Chute tout au début du livre de la Genèse dans la Bible. (La Genèse est écrite par Moïse environ 1500 av. J.-C.). Autrement dit, bien qu’il relate le Commencement, le récit est rédigé avec l’Aboutissement en vue.  Voici une Promesse alors que Dieu se confronte à Satan (ou le diable) et lui parle sous forme d’énigme :

“… Je (Dieu) placerai l’inimitié entre toi (Satan) et entre la femme, entre ta semence et entre sa semence.  Lui, il te visera la tête et toi tu lui viseras le talon.” (Genèse 3:15)

Une Promesse sous forme d’énigme – mais compréhensible. En lisant attentivement vous verrez que cinq personnages différents y sont mentionnés ET qu’elle est prophétique car elle porte le regard vers l’avenir (voir l’utilisation répétée des verbes au futur). Voici les personnages:

  1. Dieu
  2. Satan
  3. La femme
  4. La descendance de la femme
  5. La descendance de Satan

Et l’énigme décrit comment ces personnages interagiront à l’avenir. Voici le schéma :

Les relations décrites entre les personnages dans la Promesse
Les relations décrites entre les personnages dans la Promesse

 

 

Le texte ne dit pas qui est ‘la femme’ mais Dieu s’assurera de ce que Satan et la femme, tous les deux, aient une ‘semence’. Il y aura ‘inimitié’ ou haine entre les descendances et entre la femme et Satan. Satan ‘visera le talon’ de la descendance de la femme tandis que la descendance de la femme ‘visera la tête’ de Satan.

Déductions sur la Descendance – un ‘il’

Jusqu’à présent nous n’avons fait d’observations que sur le texte en soi. Passons donc à des déductions raisonnées. Du fait que la ‘semence’ de la femme est dénommé ‘il’ nous savons qu’il s’agit d’un seul être humain de sexe masculin. Cela nous permet d’éliminer quelques interprétations possibles. En tant que ‘il’ la descendance n’est pas ‘elle’ et donc ne peut être une femme – mais ‘il’ vient d’une femme. En tant que ‘il’ la descendance n’est pas ‘ils’, ce qui pourrait être le cas, soit un groupe de personnes, ou une race, ou une équipe, ou une nation. A plusieurs reprises et de différentes manières des personnes ont cru que ‘ils’ au pluriel serait la réponse. Mais la descendance, en tant que ‘il’, n’est PAS un groupe de personnes, qu’il s’agisse d’une nation ou d’un groupe religieux comme les Juifs, les Chrétiens ou les Musulmans, etc. En tant que ‘il’ la descendance n’est pas une ‘chose’ (la descendance est une personne). Cela élimine l’interprétation de la descendance comme étant une philosophie, un enseignement, une technologie, un système économique ou politique, ou une religion donnée. Une ‘chose’ de ce type serait et s’avèrerait encore la solution préférée aux problèmes du monde. Nous croyons que la solution à notre situation est un genre de ‘chose’; les meilleurs penseurs humains au cours des siècles préconisent donc différents systèmes politiques ou éducationnels, technologies, religions, etc.  Mais dans cette Promesse une direction tout autre est indiquée. Dieu avait autre chose à l’esprit – un ‘il’. Et ce ‘il’ écraserait la tête du serpent.

Autre remarque intéressante dans ce qui n’est pas dit. Dieu ne promet pas de descendance à l’homme comme il le promet à la femme. Le fait est vraiment extraordinaire vu l’importance des fils venant de pères à travers la Bible.  De fait, les critiques en Occident décrient l’omission des lignées venant de femmes dans les généalogies de la Bible. La Bible nous paraît ‘sexiste’ puisqu’elle ne considère que les fils d’hommes. Mais ce cas est différent – aucune promesse n’est faite d’une descendance (un ‘il’) venant d’un homme. Il est dit seulement qu’une descendance viendra de la femme, sans faire mention d’un homme.

Parmi tous les êtres humains qui ont existé et qui me viennent à l’esprit, soit historiquement soit mythiquement, seuls deux n’ont jamais eu de père physique. Le premier est Adam, créé directement par Dieu. Le second est Jésus, né d’une vierge (comme l’affirme le Nouveau Testament) – donc pas de père humain. Est-ce Jésus qui est annoncé par l’énigme? Cela correspond à l’observation de la descendance en tant que ‘il’, non pas ‘elle’, ‘ils’ ou une ‘chose’. Si vous lisez l’énigme avec cette perspective quelques éléments se mettent en place.

Lui viseras le talon‘??

Que veut dire le texte quand il parle du serpent qui viserait ‘le talon’? Je ne l’ai compris qu’après avoir travaillé dans les jungles du Cameroun. Nous devions porter de grosses bottes en caoutchouc même dans la chaleur humide – parce que les serpents s’y faufilent dans l’herbe haute et vous viseraient le pied – c.-à-d. le talon – et vous mourriez. Le premier jour j’ai presque marché sur un serpent, et j’aurais pu en mourir. Je comprends l’énigme maintenant. Le ‘il’ allait détruire le serpent, mais le prix qu’il devrait payer, serait sa mort. L’énigme annonce effectivement la victoire accomplie par la mort de Jésus.

La descendance du serpent?

Mais qui est l’autre protagoniste, la descendance de Satan? Bien que le temps nous manque pour l’examiner en détail, les Livres ultérieurs parlent d’une personne future. Notez les descriptions:

“… quand les méchants auront mis le comble à leur révolte contre Dieu, s’élèvera un roi dur et expert en intrigues.

Sa puissance ira en croissant, mais non par sa propre force. Il causera d’incroyables ravages et réussira dans tout ce qu’il entreprendra; il exterminera de puissants adversaires et décimera les membres du peuple saint.

Grâce à son habileté, il réussira à tromper beaucoup de gens, l’orgueil remplira son cœur, il fera périr bien des hommes qui vivaient en paix; il s’insurgera même contre le Prince des princes, mais il sera brisé sans aucune intervention humaine.” (Daniel 8: 23-25; écrit par Daniel à Babylone vers l’an 550 av. J.-C.)

Un homme, soutenu par une puissance invisible défiera le ‘Prince des princes’ mais sa tête aussi ‘sera visée’.

Au sujet de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ et de notre rassemblement auprès de lui, …

Que personne ne vous égare d’aucune façon. Car ce jour n’arrivera pas avant qu’éclate le grand Rejet de Dieu, et qu’apparaisse l’homme de la révolte qui est destiné à la perdition,

l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de dieu, et de tout ce qui est l’objet d’une vénération religieuse. Il ira jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu en se proclamant lui-même dieu. (2 Thessaloniciens 2:1-4; écrit par Paul en Grèce vers l’an 50 apr. J.-C.)

Et le dernier livre de la Bible, éloigné de la Promesse dans la Genèse par des milliers de pages et d’années, prédit :

La bête que tu as vue était. Elle n’est plus, elle va monter de l’abîme pour aller à la perdition. Les habitants de la terre dont le nom n’est pas écrit dans le livre de vie depuis la fondation du monde, s’émerveilleront en voyant la bête, car elle était, elle n’est plus et elle viendra.

C’est ici qu’il faut une intelligence éclairée par la sagesse. (Apocalypse 17:8-9; écrit par Jean sur une île au large de la Turquie vers 90 apr. J.-C.)

Ces livres ultérieurs (notez à nouveau la diversité d’auteurs, de cadres et d’époques) parlent très clairement d’un compte à rebours jusqu’à un conflit entre la descendance de la femme et celle de Satan. Mais l’idée à l’état embryonnaire est déjà mentionnée dans cette Promesse de la Genèse, au tout début de l’histoire biblique,  et les détails viendront. L’apogée de l’histoire, c’est-à-dire le compte à rebours jusqu’à la bataille commencée il y a bien longtemps entre Satan et Dieu dans le Jardin est donc prévu dès le début – dans le premier Livre. On pourrait presque croire que l’histoire est vraiment Son Histoire.