Le ‘retranchement’ du Christ prédit en détail

Dans notre dernier article, nous avons vu que Daniel avait prédit que ‘le Christ’ serait ‘retranché’ après un certain cycle spécifique d’années. Cette prédiction a été accomplie lors de l’entrée triomphante de Jésus à Jérusalem – présenté comme Le Christ d’Israël – exactement 173 880 jours après que le décret des Perses pour la reconstruction de Jérusalem ait été fait. Le terme ‘retranché’ fait allusion à l’image employée par Ésaïe du Rameau qui sortirait d’un tronc apparemment mort. Mais que voulait-il dire par cela?

EsaieEsaïe a aussi écrit d’autres prophéties dans son livre et a développé d’autres thèmes que celui du Rameau. L’un d’entre eux était celui du Serviteur qui allait venir. Qui était ce ‘Serviteur’? Qu’allait-il faire? Regardons en détail un long passage d’Ésaïe que j’ai reproduit exactement et au complet ci-dessous, en insérant quelques commentaires personnels.

La venue du Serviteur. Le passage complet d’Ésaïe 52.13 – 53.12

13 Mon serviteur réussira. Il grandira et gagnera en importance, il sera très haut placé. 14 Tout comme beaucoup ont été horrifiés en le voyant, tant son visage était défiguré, tant son aspect était différent de celui des humains, 15 il purifiera beaucoup de nations. Devant lui des rois fermeront la bouche, car ils verront ce qu’on ne leur avait pas raconté, ils comprendront ce dont ils n’avaient pas entendu parler.

Nous savons que ce Serviteur sera un homme parce qu’Ésaïe en parle comme ‘il’, que ce passage regarde spécifiquement à l’avenir (des termes comme prospèrera, s’élèvera, sera…et ainsi de suite), et que c’est donc une prophétie explicite. Mais de quoi parlait cette prophétie?

Un sacrifice sanglant

Quand les prêtres juifs offraient des sacrifices pour les Israélites, ils les aspergeaient du sang du sacrifice – symbolisant que leurs péchés étaient couverts et ne seraient pas retenus contre eux. Il est dit ici que le Serviteur purifiera ‘beaucoup de nations’. Ésaïe dit que de la même manière que dans l’Ancien Testament les prêtres purifiaient les adorateurs Juifs, ce Serviteur allait pourvoir aux péchés des non-Juifs. Parallèlement la prédiction de Zacharie annonce que le Rameau serait un prêtre qui réunirait les rôles de roi et de prêtre, puisque seuls les prêtres pouvaient asperger le sang. Cet aperçu global de ‘beaucoup de nations’ suit les promesses historiques et vérifiables faites à Abraham des siècles auparavant que ‘toutes les nations’ seraient bénies en lui.

Mais en purifiant beaucoup de nations, l”apparence’ même et la ‘forme’ du Serviteur est également prédite comme étant ‘défigurée’. Et bien que ce que le Serviteur fera n’est pas très clair, un jour les nations ‘comprendraient’.

1 Qui a cru à notre prédication? A qui le bras de l’Eternel a-t-il été révélé?

2 Il a grandi devant lui comme une jeune plante, comme un rejeton qui sort d’une terre toute sèche. Il n’avait ni beauté ni splendeur propre à attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire.

3 Méprisé et délaissé par les hommes, homme de douleur, habitué à la souffrance, il était pareil à celui face auquel on détourne la tête: nous l’avons méprisé, nous n’avons fait aucun cas de lui.

Bien que le Serviteur allait purifier beaucoup de nations, il serait aussi ‘méprisé’ et ‘délaissé’, ‘homme de douleur’ et ‘habitué à la souffrance’.

4 Pourtant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé. Et nous, nous l’avons considéré comme puni, frappé par Dieu et humilié.

5 Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes: la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris

Le sacrifice de Jésus comparé au sacrifice du Serviteur

Le serviteur prendra ‘nos’ souffrances. Ce Serviteur sera aussi ‘blessé’ et ‘brisé’ en ‘punition’. Cette punition nous apportera (nous de beaucoup de nations) la ‘paix’ et nous guérira.

Les sources séculières et bibliques nous disent qu’à Vendredi saint il y a environ 2000 ans (mais plus de 700 ans après qu’Ésaïe ait écrit cette prédiction) Jésus a été crucifié. En faisant cela il a été blessé comme Ésaïe avait prédit que le Serviteur le serait par les clous de la crucifixion.

6 Nous étions tous comme des brebis égarées: chacun suivait sa propre voie, et l’Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous.

Nous avons vu dans les termes corrompus… manquant la cible, qu’une définition du péché est de manquer la cible visée. Comme un arc voilé nous allons dans notre ‘propre voie’. Le Serviteur portera ce même péché (nos fautes).

7 Il a été maltraité, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche. Pareil à un agneau qu’on mène à l’abattoir, à une brebis muette devant ceux qui la tondent, il n’a pas ouvert la bouche.

Le Serviteur sera comme un agneau amené à ‘l’abattoir’. Mais il ne protestera pas et n’ouvrira même pas la bouche. Nous avons vu dans le Signe d’Abraham qu’un bélier a été le substitut pour le fils d’Abraham. Ce bélier – un mouton – a été tué. Et Jésus a été tué au même endroit (Mont Morija = Jérusalem). Nous avons aussi vu qu’un agneau était tué à la Pâque – comme Jésus qui a aussi été tué à la Pâque.

8 Il a été enlevé sous la contrainte et sous le jugement, et dans sa génération qui s’est inquiété de son sort? Qui s’est soucié de ce qu’il était exclu de la terre des vivants, frappé à cause de la révolte de mon peuple?

Ce Serviteur a été ‘enlevé’, ‘exclu de la terre des vivants’. Ce sont exactement les termes que Daniel a utilisés quand il a prédit ce qui devait arriver au Christ après avoir été présenté à Israël comme leur Messie. Ésaïe a prédit avec davantage de détails que ‘retranché’ signifie exclu de la terre des vivants – la mort! Ainsi dans ce Vendredi saint fatidique Jésus est mort, étant littéralement ‘exclu de la terre des vivants’, juste quelques jours après avoir été présenté comme le Messie lors de son entrée triomphale.

9 On a mis son tombeau parmi les méchants, sa tombe avec le riche, alors qu’il n’avait pas commis de violence et qu’il n’y avait pas eu de tromperie dans sa bouche.

Bien que Jésus ait été exécuté et est mort comme un criminel (‘mis son tombeau parmi les méchants’), les auteurs de l’évangile nous disent qu’un homme riche du Sanhédrin, Joseph d’Arimathée, a pris le corps de Jésus et l’a enterré dans sa propre tombe (Matthieu 19.60). Jésus a donc accompli littéralement les deux aspects de cette prédiction paradoxale en ce que, bien qu’on ait ‘mis son tombeau parmi les méchants’, il serait aussi ‘avec le riche’ dans sa mort.

10 L’Eternel a voulu le briser par la souffrance. Si tu fais de sa vie un sacrifice de culpabilité, il verra une descendance et vivra longtemps, et la volonté de l’Eternel sera accomplie par son intermédiaire.

Cette mort cruelle n’a pas été un terrible accident. C’était la volonté explicite de l’Éternel de l’écraser. Mais pourquoi? Juste comme les agneaux dans le système sacrificiel mosaïque étaient offerts pour le péché en sorte que la personne offrant le sacrifice soit reconnue irréprochable, la ‘vie’ de ce Serviteur est aussi un ‘sacrifice de culpabilité’. Pour les péchés de qui? Souvenez-vous que ‘beaucoup de nations’ seraient ‘purifiées’ (ci-dessus), c’est donc pour les péchés des gens de ces ‘beaucoup de nations’. ‘Tous’ ceux qui se sont ‘égarés’, ont suivi leur ‘propre voie’. Ésaïe parle de vous et moi.

11 Après tant de trouble, il verra la lumière et sera satisfait. Par sa connaissance, mon serviteur juste procurera la justice à beaucoup d’hommes; c’est lui qui portera leurs fautes.

Bien que le passage du Serviteur soit horrible, il change ici de ton et devient optimiste et même triomphant. Après ces terribles souffrances (d’avoir été ‘exclu de la terre des vivants’ et avoir été mis au ‘tombeau’), ce Serviteur verra ‘la lumière et sera satisfait’. Il reviendra à la vie?! J’ai examiné la question de la résurrection. Ici elle est prédite. La probabilité que le même homme de la résurrection duquel nous avons parlé soit la personne de qui elle est prédite est infime et pourtant elle est réalisée avec ces autres prédictions que nous avons revues.

Et en ‘voyant la lumière’ ce Serviteur ‘procurera la justice’ à beaucoup d’hommes. Souvenez-vous qu’Abraham a été crédité ou a reçu cette ‘justice’. D’une même manière ce Serviteur justifiera, ‘procurera la justice’ à ‘beaucoup’ d’hommes.

12 Voilà pourquoi je lui donnerai sa part au milieu de beaucoup et il partagera le butin avec les puissants: parce qu’il s’est dépouillé lui- même jusqu’à la mort et qu’il a été compté parmi les criminels, parce qu’il a porté le péché de beaucoup d’hommes et qu’il est intervenu en faveur des coupables.

Jésus est le Serviteur prophétisé

Le passage du Serviteur pointe d’une manière si surnaturelle à la crucifixion et la résurrection de Jésus que certains critiques ont dit que les écrits de l’évangile avaient été ‘faits’ pour ce passage du Serviteur. Mais dans sa conclusion Ésaïe lance un défi à ces critiques. La conclusion n’est pas une prédiction de la crucifixion ou de la résurrection pour elles, mais l’impact de cette mort bien des années plus tard. Qu’est-ce qu’Ésaïe prédit? Ce Serviteur, bien qu’il mourra comme criminel, sera un jour parmi les ‘puissants’. Les auteurs de l’évangile ne pouvaient pas faire correspondre les récits de l’évangile puisqu’ils ont été écrits quelques dizaines d’années après la crucifixion de Jésus, quand l’impact de la mort de Jésus était encore douteux. Jésus était encore le dirigeant exécuté d’une ‘superstition pernicieuse’ selon l’évaluation du monde quand les évangiles ont été écrits. Nous sommes maintenant 2000 ans après et voyons l’impact de sa mort et réalisons  combien, au cours de l’histoire, cela l’a fait ‘puissant’. Les auteurs de l’évangile n’ont pas pu voir cela. Mais Ésaïe l’avait vu. Le Serviteur, connu aussi comme le Rameau, par son sacrifice volontaire, allait commencer d’attirer les gens à lui d’entre beaucoup de nations afin qu’il puisse les purifier de leurs péchés.

Beaucoup de ‘grands’ hommes ont eu des biographies et des éloges détaillant les événements de leur vie écrits par des historiens et admirateurs même des centaines d’années après leur vie. Jésus est unique dans le fait que des détails de sa vie ont été écrits des centaines d’années avant qu’il vive. Ceci devrait nous donner des raisons pour mettre notre confiance en lui. Pourquoi ne pas permettre que son sacrifice vous purifie aussi?

La branche qui germe au moment précis d’être … ‘coupée

Nous avons exploré le thème de la branche à travers les écrits de plusieurs prophètes de l’Ancien Testament. Nous avons vu qu’en 600 av. J-C, Jérémie reprend le thème abordé par Esaïe 150 ans plus tôt et déclare que cette Branche deviendrait un Roi. Dans l’article précédent, Zacharie emboîte le pas à Jérémie et prédit que cette Branche s’appellerait Jésus cumulant les rôles de Roi et de Prêtre – ce qui ne s’était jamais produit auparavant dans l’histoire d’Israël.

L’énigme de Daniel prévoit l’arrivée de l’Oint

Mais ce n’est pas la fin. Daniel, intercalé entre Jérémie et Zacharie, reprend le titre exact de ‘l’Oint’ (cf. ici = ‘Christ’ ou ‘Messie’), et fait allusion au thème de la Branche dans une énigme fascinante qui prédit quand le Messie serait révélé. En environ 538 av. J-C, il écrit:

“Depuis le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie jusqu’au Messie (Oint), au Conducteur, il y a sept semaines et soixante-deux semaines; …Après les soixante-deux ‘semaines’, le Messie (Oint) sera retranché, et il n’aura pas de successeur…” (Daniel 9:25-26)

Puisque l’Oint = le Christ = le Messie (voir lien), nous savons que Daniel écrit au sujet du Christ à venir. Daniel précise un temps de départ (“le moment où la parole a annoncé que Jérusalem sera rebâtie”) et une durée précise d’intervalle (“sept semaines et soixante-deux semaines”) qui culmine en la révélation du Christ (= l’Oint); celui-ci sera alors mystérieusement ‘cou. La structure générale de la prédiction semble claire. Mais pouvons-nous en comprendre les détails pour poursuivre cette révélation du Christ? Commençons par ce qui a déclenché l’horloge prophétique.

La publication du décret de restaurer et rebâtir Jérusalem

Environ 100 ans après Daniel, Néhémie est l’échanson de l’empereur perse Artaxerxés. Par cette position, il a un contact direct avec le plus haut pouvoir de l’empire perse.  Et c’est dans ce contexte qu’il demande et reçoit un décret royal de restaurer et rebâtir Jérusalem. Voici ce qu’il dit:

Au mois de Nisan, la vingtième année du roi Artaxerxès, … je répondis au roi: Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur lui est agréable, envoie-moi en Juda, vers la ville des sépulcres de mes pères, pour que je la rebâtisse. …

Puis je dis au roi: Si le roi le trouve bon, qu’on me donne des lettres pour les gouverneurs … . Le roi me donna ces lettres … . Je me rendis auprès des gouverneurs … et je leur remis les lettres du roi, qui m’avait fait accompagner par des chefs de l’armée et par des cavaliers. (Néhémie 2 :1-9)

Nous voyons ici un décret royal de rebâtir et restaurer Jérusalem, appuyé par des lettres et une armée. Comme l’empereur perse Artaxerxès est reconnu historiquement et comme le décret enregistre le début de la période par rapport à son règne (20ème année au mois de nisan), nous pouvons déduire la date du décret. Artaxerxès accède au trône perse tout de suite après la mort de son père Xerxès en décembre 465 av. J-C (1) et le décret est publié le 1er nisan (mars/avril) de sa 20ème année; la publication date donc du 5 mars, 444 av. J-C. (1).

Sept ‘semaines’ et soixante-deux ‘semaines’

Quelles sont les ‘semaines’ que Daniel utilise pour marquer le temps écoulé? Dans la loi de Moïse il y avait un cycle de sept années. Chaque 7ème année la terre devait se reposer de toute culture agricole. Voici le texte précis:

Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre se reposera: ce sera un sabbat en l’honneur de l’Éternel. 3 Pendant six années tu ensemenceras ton champ, pendant six années tu tailleras ta vigne; et tu en recueilleras le produit. 4 Mais la septième année sera un sabbat, un temps de repos pour la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel. (Lévitique 25: 2-4)

La déclaration de Daniel se situe dans un contexte ‘d’années’. Et suivant ce schéma, les ‘semaines’ correspondent à des cycles de sept années. Dans ce cas les sept ‘semaines’ et soixante-deux ‘semaines’ peuvent se traduire mathématiquement par (7+62) x 7 = 483 années.

L’année de 360 jours

Une petite complication s’ajoute pour mesurer la longueur de l’année. Nous utilisons de nos jours l’année solaire (=365,24219879 jours par an) parce que nous pouvons mesurer exactement la durée de révolution de la terre autour du soleil. A l’époque la pratique courante basait l’année sur les révolutions de la lune (tout comme le calendrier musulman) ce qui donne 354 jours par an; ou les 12 mois de 30 jours ce qui donne 360 jours par an. Dans tous les cas, quelques ajustements corrigent les différences dans les révolutions. (Le calendrier occidental tient compte du jour fractionnaire par l’année bissextile de 366 jours, en sautant quelques années.) Dans les civilisations anciennes de l’Égypte, de Babylone, de l’Inde et de la Grèce un calendrier de 360 jours était courant. Daniel utilise une longueur d’année de 360 jours.

L’arrivée prévue du Christ

Donné ce contexte la date d’arrivée du Masih se calcule facilement d’après l’énigme de Daniel.  483 années en comptant 360 jours par année font:

483 années x 360 jours/an = 173 880 jours

En termes de calendrier occidental cela équivaut à 476 années solaires et 25 jours qui restent. (173 880/365,24219879 = 476 et 25 qui reste)

Le point de départ du calcul est le décret d’Artaxerxès publié le 5 mars 444 av. J-C. En ajoutant 476 années solaires à cette date on arrive au 5 mars 33 apr. J-C. (L’an 0 n’existe pas, le calendrier passant de 1 av. J-C à 1 apr. J-C en une année; soit le calcul -444 + 476 +1= 33).

En ajoutant les 25 jours qui restent au 5 mars 33 av. J-C, nous arrivons au 30 mars 33 av. J-C, illustré sur la frise chronologique ci-dessous. Ou comme le dit Hoehner (dont je suis les calculs) :

En ajoutant 25 jours au 5 mars (444 av. J-C) on arrive au 30 mars (33 apr. J-C), ce qui correspond au 10 Nisan. C’est le jour de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem…

Hoehner, Chronological Aspects of the Life of Christ Part VI, pg. 16 1977

Frise chronologique de la prophétie des ‘semaines’ de Daniel qui se termine par l’entrée triomphale de Jésus
Frise chronologique de la prophétie des ‘semaines’ de Daniel qui se termine par l’entrée triomphale de Jésus

L’entrée triomphale de Jésusle jour dit

C’est le Dimanche des rameaux, le jour même qui nous rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. En partant des principes ci-dessus et avec quelques calculs de base nous découvrons qu’il correspond au jour indiqué par l’énigme des ‘semaines’ de Daniel. C’est le jour où Jésus se présente à la nation juive comme le Roi ou Christ. Nous le savons parce que Zacharie (qui prédit le nom du Christ) écrit aussi:

Sois transportée d’allégresse, fille de Sion!
Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem!
Voici, ton roi vient à toi;
Il est juste et victorieux,
Il est humble et monté sur un âne,
Sur un âne, le petit d’une ânesse.  (Zacharie 9:9)

Le roi tant attendu serait révélé à Jérusalem monté sur le petit d’une ânesse entouré d’une foule qui pousse des cris de joie. Le jour de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem – le jour exact prédit par Daniel dans l’énigme des ‘semaines’ – Jésus entre en effet à Jérusalem monté sur un ânon. Luc rapporte le récit.

…lorsque déjà il approchait de Jérusalem, vers la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus.

Ils disaient: Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur! Paix dans le ciel, et gloire dans les lieux très hauts!…

Comme il approchait de la ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle, et dit: Si toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux. (Luc 19:37-42)

Dans ce récit Jésus pleure parce que les gens ne reconnaissent pas le jour même prédit à la fois par Zacharie et Daniel. Mais parce qu’ils ne reconnaissent pas ce jour où le Christ se révèle, quelque chose de tout à fait inattendu arrivera. Daniel prédit dans le même passage où figure l’énigme des ‘semaines’:

Après les soixante-deux semaines, le Messie (Oint) sera retranché, et il n’aura pas de successeur…  (Daniel 9:26)

Au lieu d’accéder au trône pour régner, le Christ sera ‘retranché’ et n’aura ‘rien’. Quand il  utilise le terme ‘retranché’ (certaines Bibles traduisent par ‘mis à mort’) Daniel fait allusion au thème de la Branche, ce rameau du tronc d’Esaïe, évoqué par Esaïe bien auparavant, développé par Jérémie, le nom prédit par Zacharie et maintenant le moment et la signature prévus à la fois par Daniel et Zacharie. Cette branche serait ‘retranchée’. Comment le serait-elle? Nous retournons vers Esaïe dans le poste suivant pour en voir une description frappante.

1) La référence utilisée tout au long de ce poste est Chronological Aspects of the Life of Christ Part VI: Harold W. Hoehner (Les aspects chronologiques de la vie du Christ, partie VI, de Harold W. Hoehner)

Le signe de la Branche : Mentionné des Centaines d’années avant sa Naissance

Précédemment, nous avons vu comment Esaïe a abordé un thème et utilisé l’image de La branche. Il a prédit la venue de quelqu’un issu de la dynastie davidique déchue et possédant sagesse et puissance. Jérémie a enchaîné et déclaré que cette branche serait connue sous le nom de l’Eternel même (c.-à-d. le nom personnel de Dieu mentionné dans l’ancien testament).

Zacharie poursuit sur le thème de La branche

Timeline of Zachariah
Chronologie historique avec Zacharie

Zacharie a vécu 520 av. J.-C., juste après le retour du peuple juif à Jérusalem après le premier exil à Babylone, mais sous la domination des Perses. En ce temps-là le peuple juif s’efforçait de reconstruire le temple détruit et de rétablir les pratiques mosaïques. Un contemporain de Zacharie qui s’appelait Josué était souverain sacrificateur à cette époque et travaillait à la reprise du système sacerdotal. Le prophète Zacharie et le souverain sacrificateur Josué collaboraient pour la gérance du peuple juif. Voici ce que dit l’Eternel de Josué – à travers Zacharie et sous forme d’énigme prophétique :

Ecoute donc, Josué, souverain sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi! – car ce sont des hommes qui serviront de signes. – Voici, je ferai venir mon serviteur, le germe. Car voici, pour ce qui est de la pierre que j’ai placée devant Josué…, dit l’Eternel des armées; et j’enlèverai l’iniquité de ce pays, en un jour. (Zacharie 3 :8-9)

La branche (le germe)! A nouveau! Zacharie précise l`image abordée par Esaïe environ 200 ans plus tôt, et poursuivie par Jérémie 60 ans plus tôt. Mais cette fois la branche s`appelle aussi `mon serviteur`.  Le souverain sacrificateur Josué à Jérusalem en 520 av. J.-C., collègue de Zacharie, sert de signe de cette branche à venir, mais de quelle façon? Il est dit qu’‘en un jour’ les péchés seront enlevés par l`Eternel. Cela correspond à l’obtention de ‘justice’. Nous acquerrons `justice` lorsque l`Eternel enlèvera nos péchés `en un jour`. Comment cela se produira-t-il?

La branche: qui unit le sacrificateur au roi

Nous poursuivons trois chapitres plus loin dans Zacharie et apprenons une nouvelle stupéfiante. Pour bien comprendre l`énigme prophétique qui suit, il faut savoir que les rôles de sacrificateur et de roi étaient strictement séparés dans l`ancien testament. Aucun des rois davidiques ne pouvait être sacrificateur ; certains ont essayé et eu des problèmes. Inversement, certains sacrificateurs se sont attirés des ennuis en se mêlant aux intrigues royales.  Le rôle du sacrificateur était de servir de médiateur entre Dieu et les hommes en offrant à Dieu des sacrifices d`animaux pour le pardon des péchés, et le rôle du roi était de régner sur le trône avec justice. Tous les deux étaient cruciaux; tous les deux étaient distincts. Cependant Zacharie écrit qu`à l`avenir :

La parole de l’Eternel me fut adressée, en ces mots:…Tu prendras de l’argent et de l’or, et tu en feras des couronnes, que tu mettras sur la tête de Josué, fils de Jotsadak, le souverain sacrificateur. Tu lui diras: Ainsi parle l’Eternel des armées: Voici, un homme, dont le nom est germe, germera dans son lieu, et bâtira le temple de l’Eternel… il portera les insignes de la majesté; il s’assiéra et dominera sur son trône, il sera sacrificateur sur son trône, et une parfaite union régnera entre l’un et l’autre. (Zacharie 6:9-13)

Voici la branche encore une fois. Mais cette fois, contre toute préséance antérieure, le souverain sacrificateur au temps de Zacharie (Josué) est appelé à porter (symboliquement) la couronne royale. Souvenez-vous que dans Zacharie 3 (ci-dessus) Josué ‘servirait de signe’. Se pourrait-il que Josué, le souverain sacrificateur, en portant la couronne ‘servait de signe’ d’une convergence entre les rôles de roi et de sacrificateur? Ces deux rôles seraient un jour unis en une seule personne! Et remarquez que Josué, le nom-même, est le nom de la branche. Que signifie cela?

Le nom ‘Josué’ EST le nom ‘Jésus’

Pour bien comprendre, examinons la traduction de l`ancien testament à travers l`histoire. En 250 av. J.-C. l`ancien testament hébreu est traduit en grec. Cette traduction est encore utilisée de nos jours et s`appelle  la Septante (ou LXX). Nous avons vu que le titre ‘Christ’ est utilisé pour la première fois dans cette traduction grecque, et que ‘Christ’=’Messie’=’Oint’. (Si ceci n`est pas clair vous pourrez vérifier ici vu l`importance cruciale pour la suite).

Joshua - Jesus
‘Josué’ = ‘Jésus’. Tous les deux viennent du nom hébreu ‘Yhowshuwa’

De la même manière que nous avons suivi les traductions menant à ‘Christ’, nous pouvons suivre les dérivations du nom ‘Josué. Comme vous le voyez sur la figure ci-dessus Josué est une transcription du nom hébreu d’origine ‘Yhowshuwa’, un nom hébreu courant qui signifiait ‘Jéhovah sauve’.  C’est ainsi (voir quadrant nº 1) que Zacharie écrit son nom en 520 av. J.- C.  Ce mot est transcrit ‘Josué’ lorsque l’ancien testament est traduit en francais (voir moitié inférieure nº 3). Les traducteurs de la LXX en 250 av. J.-C. transcrivent aussi ce nom lorsqu’ils traduisent l’ancien testament en grec. Leur transcription grecque est Iesous (quadrant nº 2). Ainsi ‘Yhowshuwa’ de l’ancien testament s’appelle Iesous dans la LXX. Jésus aurait été appelé Yhowshuwa par ses contemporains mais lorsque les écrivains du nouveau testament écrivent son nom dans le nouveau testament grec ils utilisent le ‘Iesous’ courant de la LXX. Quand le nouveau testament est traduit du grec en francais ‘Iesous’ est (à nouveau) transcrit en notre ‘Jésus’ bien connu (moitié inférieure nº 3). Donc le nom ‘Jésus’ = ‘Josué’. Jésus du nouveau testament et Josué le souverain sacrificateur de 520 av. J.-C., tous deux, s’appellent ‘Yhowshuwa’ dans leur hébreu maternel. En grec, les deux noms sont ‘Iesous’. Un lecteur grec de l’ancien testament LXX reconnaitrait le nom de Iesous (Jésus) comme un nom connu de l’ancien testament. Nous perdons ce lien établi puisque le nom ‘Jésus’ apparait de nulle part semblerait-il.  Mais le nom de Jésus a de fait un équivalent dans l’ancien testament – Josué.

Jésus de Nazareth est la branche

En connaissance de cause, la prophétie de Zacharie devrait être frappante. Nous y voyons prédit 520 av. J.-C. que le nom de la branche future serait ‘Jésus’! Cette constatation m’a fait réagir. Ce ne pouvait être une ‘coïncidence’. Il s’agissait (et s’agit encore) d’une prophétie qui nommait la branche à venir, et le nom mène directement à Jésus de Nazareth.

Et, selon Zacharie, ce Jésus viendrait fusionner les rôles de roi et de prêtre. Quel était le rôle des sacrificateurs ? Ils offraient pour le peuple des sacrifices d’animaux à Dieu pour le pardon de leurs péchés. Tout comme Abraham l’avait fait avec le sacrifice sur le mont Morija, et Moïse avec le sacrifice de l’agneau pascal, le sacrificateur couvrait les péchés du peuple par le sacrifice d’animaux. Le ‘Jésus’ viendrait jouer un rôle semblable pour permettre à l’Eternel d’‘enlever l’iniquité de ce pays, en un jour’ – le jour que ce sacrificateur Jésus s’offrirait lui-même en tant que sacrifice, déjà illustré par l’emplacement du mont Morija et le par le moment de l’année à la Pâque. Quelque temps après avoir accompli le rôle de sacrificateur, cette branche, Jésus, monterait sur son trône (selon le psaume 2) et serait ainsi ‘un sacrificateur sur son trône’ – tout comme le cite Zacharie de manière exacte, précise et vérifiable environ 500 ans avant que Jésus ne marche sur la terre..

Ce niveau de corrélation des prédictions prophétiques est tout simplement fantastique. De toute l’histoire, qui d’autre que Jésus de Nazareth  reçoit autant de prédictions à propos de sa vie ?  Certains critiques soutiennent que Jésus ‘accomplit’ les prophéties de l’ancien testament simplement parce que les écrivains des évangiles ont fabriqué leur récit conformément à l’ancien testament.  Quand Zacharie nomme la branche Jésus il réfute cela puisque le nom de ‘Jésus’ de Nazareth est rapporté en dehors des évangiles. La Talmud juive, Josephus et tous les autres écrivains historiques qui parlent de Jésus, qu’ils soient amis ou ennemis, l’ont toujours appelé ‘Jésus’ ou ‘Christ’.

J’imagine qu’on pourrait raisonner que le nom n’était que coïncidence due au hasard puisque ‘Jésus’ était un nom juif assez courant et l’histoire juive comporte bien d’autres Jésus.  Mais réfléchissons à la carrière de ce Jésus de Nazareth. Il certifie qu’il est roi ; Le Roi en fait. Cependant tout ce qu’il accomplit sur terre est de caractère sacerdotal. Le rôle du sacrificateur était de prendre un agneau au nom du fidèle juif, de l’offrir à Dieu, de le sacrifier, et la mort et le sang de cet agneau expieraient le péché et la culpabilité de la personne juive. La mort de Jésus à de l’importance, car voilà aussi une offrande à Dieu, au nom de tous. Sa mort expie le péché et la culpabilité pour toute personne qui le veut. Les péchés du pays ont littéralement été enlevés ‘en un jour’ comme prédit par Zacharie, le jour de la mort de Jésus. De son vivant il faisait allusion à son rôle de Roi tout en accomplissant tous les prérequis de Sacrificateur. Il a amené l’harmonie et l’unité aux deux rôles. La branche, celle que David appelait le ‘Messie’, est de fait le Roi-Sacrificateur. Et son nom était prédit 500 ans avant sa naissance par Zacharie.

L’exploration du thème de la branche à travers l’ancien testament ne peut que nous émerveiller. Mais ce n’est pas la fin. Un autre écrivain de l’ancien testament, situé entre Jérémie et Zacharie, prédit le moment de sa venue. Nous l’abordons par la suite.

Le signe de la branche : renaissance du tronc mort

Jésus déclare devant les critiques de son temps :

… précisément, ce sont elles (les Ecritures) qui témoignent de moi. … (Jean 5 :39)

Autrement dit, à propos de sa vie et de son oeuvre, Jésus confirme les prédictions et les prophéties qu’on trouve dans les livres de l’ancien testament écrits des centaines d’années auparavant. Ces prophètes hébreux affirment que Dieu inspire leurs écrits. Aucun esprit humain ne peut prédire en détail des centaines d’années à l’avance et Jésus a permis à ses contemporains d’utiliser ce fait pour vérifier si vraiment Il venait d’un plan divin ou si tout l’évangile n’était que manigances humaines. Deux mille ans plus tard, les données de l’ancien testament dont Jésus fait mention sont encore à notre disposition pour toute étude personnelle.

Récapitulons tout d’abord. La venue de Jésus est prédite au tout début de l’ancien testament.  Ensuite nous voyons que le sacrifice d’Abraham prédit remarquablement l’endroit où Jésus serait sacrifié et la Pâque juive le moment de l’évènement. Ces écrits datent d’environ 1500 av. J.-C. Nous voyons dans le psaume 2 la première utilisation du terme ‘Christ’ comme titre conféré à une personne spécifique future. Le psaume 2 date d’environ 1000 av. J.- C. Le ton et l’idée principale de ces passages se portent vers l’avenir. Ils attendent quelqu’un. Et ce n’est pas la fin. Bien d’autres écrits prédisent l’avenir et développent plus de titres et thèmes. Esaïe (750 av. J.-C.) aborde un sujet intriguant qui est repris par d’autres livres de l’ancien testament et élaboré en un thème à part entière – celui de la branche à venir.

Esaïe et la Branche

L’illustration ci-dessous situe Esaïe sur une frise chronologique parmi d’autres écrivains de l’ancien testament.

Isaiah timeline
Chronologie historique d’Esaie et d’autres prophetes de l’Ancien Testament. Il vit au temps des rois davidiques.

Vous verrez par les codes de couleurs que le livre d’Esaïe est écrit au temps de la dynastie royale davidique (1000 – 600 av. J.- C.). En ce temps (environ 750 av. J.- C.) la dynastie et le royaume étaient corrompus. Esaïe plaide pour un retour vers Dieu et vers la pratique et l’esprit de la loi mosaïque. Mais Esaïe savait que ce retour de repentance n’arriverait pas et prédit donc la destruction du pays et de la dynastie royale.

Solomon, David, Jesse
Esaïe utilise l’image de l’arbre pour représenter la dynastie

 

Il utilise une métaphore, ou image, précise pour la dynastie royale : il dépeint un grand arbre. Isaï, le père du roi David, est la racine de cet arbre. Sur la base, Isaï, se fonde la dynastie avec David, et à partir de son successeur, Salomon, l’arbre continue à grandir et se développer.

 

 

Un arbre … ensuite une souche … ensuite une branche

Esaïe écrit que cet ‘arbre’ dynastique serait coupé, réduit à une souche. Voici comment il aborde l’image de l’arbre qu’il transforme ensuite en l’énigme de la souche et de la branche :

“Puis un rameau poussera de la souche d’Isaï, un rejeton de ses racines portera du fruit. L’Esprit de l’Eternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et de discernement, Esprit de conseil et de puissance, Esprit de connaissance et de crainte de l’Eternel.” (Esaïe 11 :1-2)

stump of Jesse
Jesse = Isaï, le père du roi David

L’abattage de cet ‘arbre’ prend place environ 150 ans après Esaïe, environ 600 av. J.- C., lorsque les Babyloniens conquièrent Jérusalem et entraînent le peuple et le roi en exil à Babylone (période rouge sur la frise ci-dessus). Isaï était le père du roi David, et la racine de la dynastie davidique.  La ‘souche d’Isaï’ fait donc allusion à la dynastie davidique  (future) brisée et ruinée des rois depuis David.

La branche : un ‘lui’ futur issu de David et possédant sagesse

shoot and stump
Un rameau va pousserait de la souche d’Isaï, ce sera un “lui”

Mais cette énigme projette le regard vers l’avenir plus loin que l’abattage de l’arbre. Esaïe prédit clairement qu’un jour, malgré les apparences d’une ‘souche’ morte (la lignée de David issue d’Isaï), un Rameau, soit la branche, pousserait de cette même souche, tout comme les rameaux repoussent de vraies souches d’arbres. Cette branche s’appelle ‘lui’. Esaïe parle d’un homme futur, issu de la lignée de David après l’abattage de la dynastie. Cet homme posséderait les qualités de sagesse, de puissance et de connaissance comme si l’Esprit même de Dieu reposait sur lui.

Jésus … un ‘lui’ issu de David possédant sagesse

Jésus répond au critère de provenance ‘de la souche d’Isaï’ puisqu’Isaï et David sont ses ancêtres. Ce qui surprend très fort de Jésus dans les récits des évangiles est la sagesse et la connaissance qu’il possède. Sa perspicacité, son assurance et sa connaissance quand il traite avec ses opposants ou ses partisans de son temps impressionnent encore les critiques et ses adeptes d’aujourd’hui. Et sa puissance par les miracles dans les évangiles est indéniable. On peut choisir de ne pas y croire ; mais on ne peut les ignorer. Jésus répond aussi au critère de possession des qualités exceptionnelles de sagesse et de puissance, qui selon la prédiction d’Esaïe viendraient un jour de cette branche.

Jérémie et la branche

Esaïe dépose un panneau indicateur dans l’histoire. Mais ce n’est pas la fin. Son panneau indicateur n’est que le premier d’une série de signes. Jérémie, qui vit environ 150 ans après Esaïe, écrit alors que la dynastie davidique est abattue devant ses propres yeux :

Jeremiah timelie
Chronologie historique de Jeremie de l’Ancien Testament

“Voici venir le temps, l’Eternel le déclare, où je vais donner à David un germe juste : il régnera avec sagesse et il exercera le droit et la justice dans le pays. A cette époque-là, Juda sera sauvé, et Israël vivra dans la sécurité. Voici quel est le nom dont on l’appellera: L’Eternel est notre justice“. (Jérémie 23 :5-6)

Jérémie développe explicitement le thème de la branche de la dynastie davidique commencé bien avant par Esaïe. La branche sera un roi qui règne. Mais c’est exactement ce que la prophétie du psaume 2  disait concernant le Fils de Dieu/Christ/Messie à venir. Est-ce possible que la branche et le Fils de Dieu soient identiques ?

La branche : l’Eternel est notre justice

Comment s’appellera cette branche ? Et pourquoi nul autre que ‘l’Eternel’ qui sera aussi ‘notre’ (c.-à-d. à nous êtres humains) justice. Comme nous l’avons vu avec Abraham, le problème insurmontable de l’être humain est que nous sommes ‘corrompus’ et avons désespérément besoin de ‘justice’. Ici, la description de la branche indique, qu’après Jérémie, les gens obtiendront leur ‘justice’ nécessaire agrée par nul autre que l’Eternel – YHWH lui-même (YHWH est le nom de Dieu dans l’ancien testament). Comment cela se produira-t-il ? Zacharie complète avec plus de détails quand il développe le thème de la branche future ; il prédit même le nom de Jésus et et sa crucifixion – que nous étudierons dans l’article suivant.

la foi d’Abraham: Un modèle nous devons suivre

La Promesse Révélant la Justice pour nous

Dans l’article que j’ai écrit précédemment, nous avons vu qu’Abraham a obtenu le statut indispensable du juste simplement parce qu’il a cru. On trouve cette déclaration dans la petite phrase:

Et il (Abram) cru à l’Eternel; et Il lui compta cela à justice. (Genèse 15:6 )

[Abram eut confiance en l’Eternel, qui le lui compta comme justice. (Genèse 15:6) ( Bible Louis Segond)]

Croire ne veut pas dire croire en l’existence de Dieu

Je souhaite à présent éclaircir ce que signifie Abraham ‘cru’. De nombreuses personnes avec qui j’ai parlé pensent que ‘croire’ signifie croire en l’existence de Dieu. J’ai souvent entendu “Oh, je crois en Dieu”, ceci voulant dire “Je crois que Dieu existe”. D’une certaine façon, il semble que nous pensions que Dieu soit impressionné et ravi lorsque nous affirmons Son existence. Pourtant, voilà en fait ce que declare la bible:

Tu crois qu’il y a un seul Dieu? Tu fais bien; les démons aussi le croient, et ils tremblent (Jacques 2:19)

Selon la Bible, croire simplement que Dieu existe nous met dans le même camp que le Diable. Je vous laisse seul juge de l’assurance que cela vous procure. Certes il est vrai qu’Abraham croyait en l’existence de Dieu mais ce n’est pas du tout l’enjeu de cette rencontre. La réalité à laquelle Abraham faisait face était qu’il avait dans les 80 ans et n’avait toujours pas de fils. Au cours de leur discussion, Dieu, comme il l’avait fait plusieurs fois auparavant, avait promis à Abraham qu’il lui donnerait un fils.

C’était cette promesse qui conduisit Abraham vers un moment décisif. Son choix n’était pas relatif à la croyance en l’existence ou non de Dieu mais plutôt si oui ou non il allait croire à la promesse spécifique que Dieu lui avait faite. Dans cette décision, Abraham choisit de croire.

Il eut confiance au fait que Dieu allait réaliser cette promesse. Croyance dans ce contexte est synonyme de confiance. Abraham choisit de croire en Dieu concernant ce sujet si important à ses yeux, et dont l’issue peut paraître dépourvue d’espoir si on regarde les faits seulement à première vue.

Donc, Abraham choisit de croire en cette promesse d’un fils. En échange, outre la promesse, Dieu lui donna autre chose. Il lui donna la justice – l’expression utilisée est ‘compta’ celà à justice.  Finalement, les deux promesses se réalisèrent pour Abraham; la promesse d’un fils d’où sortirait une grande nation et la promesse de justice.

La justice – source ni de nos mérites ni de nos efforts

J’ai eu le privilège de parler à des gens de religions et philosophies très diverses. Ce qui me paraît tout à fait frappant c’est que malgré les différences substantielles au niveau de leur théologie, quasiment tout ceux à qui j’ai parlé ou dont j’ai lu les commentaires à ce sujet raisonnent selon l’hypothèse que la justice s’obtient par mérite ou se gagne grâce à des efforts spécifiques, ou bien par le sacrifice de soi selon la démarche ascétique, ou encore grâce à un ‘bon’ comportement.

Nous concluons qu’en faisant plus de bonnes choses que de mauvaises choses, ou encore en accumulant un certain nombre de “bonnes œuvres” religieuses, cela nous permet de mériter le statut du juste.

J’ai vu cette logique s’exprimer chez des amis Boudhistes en Thailande, chez des Hindous en Inde, des Musulmans à travers le monde, des Catholiques, des Protestants, et même ceux qui croient simplement à “une Puissance Élevée”; nous tous dans ce monde vivons naturellement selon ce credo.

Je me souviens avoir interviewé des étudiants en théologie qui venaient de terminer un séminaire. Ils m’informèrent que c’était l’équilibre entre nos péchés et nos bonnes actions qui déterminait notre droiture.

Mais Abraham n’a pas ‘gagné’ la justice; elle lui a été ‘créditée’. Donc quelle est la différence? Et bien, si quelque chose est obtenu, c’est qu’on a travaillé pour cela – on l’a mérité. C’est comme quand on reçoit un salaire pour notre travail. Mais si quelque chose nous est crédité, ceci nous est donné. Tout comme n’importe quel cadeau donné gratuitement et qui n’est pas gagné, ni mérité, mais simplement reçu. Ce récit d’Abraham renverse la compréhension populaire que nous avons concernant la justice qui serait, soit une croyance en l’existence de Dieu, soit elle serait obtenue en faisant suffisamment de bonnes œuvres. Ce n’est pas la démarche qu’a suivit Abraham. Il a simplement choisit de croire en la promesse qu lui a été présentée.

La Croyance d’Abraham : Il a misé sa vie dessus

Choisir de croire en la promesse d’un fils était peut être simple mais ce n’était certainement pas facile. Abraham aurait pu facilement ignorer la promesse en contestant que si Dieu avait vraiment le désire et le pouvoir de lui accorder un fils alors il l’aurait déjà fait. Car à ce stade de leur vie, Abraham et Sarah (sa femme) étaient vieux et avaient passé depuis longtemps l’âge d’avoir des enfants. Souvenez vous qu’une “Grande Nation” a été promise à Abraham alors qu’il avait déjà 75 ans.

En response à cela il quitta son pays natal et partit pour Canan. Beaucoup d’années passèrent entre temps et Abraham et Sarah devenaient très vieux et n’avaient toujours pas d’enfant, sans parler d’une nation!

“Pourquoi Dieu ne nous a t-il pas déjà donné un enfant s’il pouvait le faire?”- ce serait-il demandé. En d’autres termes, il crut en la promesse d’un fils même s’il avait probablement des questions en suspent concernant la promesse. Il crut en la promesse parce qu’il fit confiance au Dieu qui fit la promesse – même s’il ne comprenait pas tout sur cette promesse, ni ne s’était figuré tout ce que Dieu avait à l’esprit. Croire en la promesse exigeait une attente active de la part d’Abraham. D’une certaine façon, sa vie entière fut interrompue alors qu’il logeait dans des tentes dans la Terre Promise de Canaan attendant (de nombreuses années) la promesse d’un fils à venir.

Celà aurait été beaucoup plus facile pour lui de ne pas tenir compte de la promesse et de retourner chez lui en Mésopotamie (de nos jours l’Irak) laissée derrière lui de nombreuses années auparavant et où se trouvaient toujours son frère et sa famille. Pendant de nombreuses années, Abraham devait vivre chaque jour avec la difficulté de croire en cette promesse et attendre qu’elle se réalise. Sa confiance en cette promesse était si grande qu’elle prenait le pas sur les autres objectifs de sa vie – la sécurité, le confort et le bien-être. Concrètement, vivre dans l’attente de la promesse voulait dire faire abstraction des objectifs habituels de la vie. Croire en cette promesse montrait à la fois sa confiance et son amour pour Dieu. Il aurait pu choisir de ne pas croire et de retourner au pays d’où il venait (de nos jours l’Irak)

Il aurait pu ignorer la promesse tout en continuant à croire en l’existence de Dieu, en continuant à prier et d’aider d’autres gens. Mais dans ce cas, il aurait gardé sa religion mais le statut de ‘juste’ ne lui aurait pas été accordé. Ainsi, croire en la promesse allait bien au delà d’un assentiment mental. Abraham dû miser sur sa vie, sa réputation, sa sécurité, ses actions présentes et ses espoirs futurs concernant la promesse car, comme il croyait, il attendait de façon active et dans une attitude d’obéissance. C’était la façon d’être d’Abraham.

Abraham : Le modèle pour nous aider à croire les Promesses

Le reste de la bible traite cette rencontre comme un Signe pour nous. La croyance qu’a Abraham en la promesse venant de Dieu et l’attribution de justice qui s’ensuit est pour nous un modèle à suivre. L’intégralité de l’Evangile est fondé sur des promesses que Dieu fait à chacun de nous. Ces promesses ne sont pas les mêmes que la promesse spécifique faite à Abraham d’avoir un fils. Ce sont néanmoins des promesses, et tout comme les promesses faites à Abraham, ces promesses nous emmènent au tournant d’une décision. Croyons nous (cad. faisons nous confiance) à ces promesses ou non.

De quelles promesses parlons nous? En voici quelques unes:

Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. (Jean 1:12-13)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. (Jean 5:24-25)

Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. (Jean 10:9-10)

“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.” (Matthieu 11:28-30)

“Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur.” (Romains 6:23 – article sur c’est verset ici)

Je pourrais continuer la liste. L’idée cependant ici c’est que ce sont des promesses et elles sont faites soit par Jésus, soit en son nom – à vous et moi. Tout comme Abraham, nous pouvons choisir de croire en ses promesses – ou non. Comme Abraham, croire ces promesses va exiger et impliquer notre vie entière. Vous allez devoir assujettir les buts et les aspirations de votre vie à ces promesses. Un acquiescement mental à ces promesses n’est pas l’offre que l’évangile présente. Ce n’est pas non plus la croyance en l’existence de Dieu ou encore des efforts vaillants et bien intentionnés dans le but de gagner certains mérites. Si vous croyez en ces promesses pour votre vie cela aussi vous sera imputé à justice.  Et ces promesses vont vous faire démarrer le même parcours de foi que celle sur lequel Abraham s’est embarqué.

Bien qu’Abraham ait vécu dans une région différente avec des coutumes et des rites différents, il demeure pour nous un modèle. La promesse faite à Abraham et qui s’est réalisée de façon littérale, historique et de façon vérifiable demeure un modèle et un signe avant coureur proclamant que nous ne sommes pas idiots si nous échangeons ce qui au final ne pouvons garder (cette vie) contre un gain que nous ne pouvons pas perdre (ces promesses de la vie éternelle).