la foi d’Abraham: Un modèle nous devons suivre

La Promesse Révélant la Justice pour nous

Dans l’article que j’ai écrit précédemment, nous avons vu qu’Abraham a obtenu le statut indispensable du juste simplement parce qu’il a cru. On trouve cette déclaration dans la petite phrase:

Et il (Abram) cru à l’Eternel; et Il lui compta cela à justice. (Genèse 15:6 )

[Abram eut confiance en l’Eternel, qui le lui compta comme justice. (Genèse 15:6) ( Bible Louis Segond)]

Croire ne veut pas dire croire en l’existence de Dieu

Je souhaite à présent éclaircir ce que signifie Abraham ‘cru’. De nombreuses personnes avec qui j’ai parlé pensent que ‘croire’ signifie croire en l’existence de Dieu. J’ai souvent entendu “Oh, je crois en Dieu”, ceci voulant dire “Je crois que Dieu existe”. D’une certaine façon, il semble que nous pensions que Dieu soit impressionné et ravi lorsque nous affirmons Son existence. Pourtant, voilà en fait ce que declare la bible:

Tu crois qu’il y a un seul Dieu? Tu fais bien; les démons aussi le croient, et ils tremblent (Jacques 2:19)

Selon la Bible, croire simplement que Dieu existe nous met dans le même camp que le Diable. Je vous laisse seul juge de l’assurance que cela vous procure. Certes il est vrai qu’Abraham croyait en l’existence de Dieu mais ce n’est pas du tout l’enjeu de cette rencontre. La réalité à laquelle Abraham faisait face était qu’il avait dans les 80 ans et n’avait toujours pas de fils. Au cours de leur discussion, Dieu, comme il l’avait fait plusieurs fois auparavant, avait promis à Abraham qu’il lui donnerait un fils.

C’était cette promesse qui conduisit Abraham vers un moment décisif. Son choix n’était pas relatif à la croyance en l’existence ou non de Dieu mais plutôt si oui ou non il allait croire à la promesse spécifique que Dieu lui avait faite. Dans cette décision, Abraham choisit de croire.

Il eut confiance au fait que Dieu allait réaliser cette promesse. Croyance dans ce contexte est synonyme de confiance. Abraham choisit de croire en Dieu concernant ce sujet si important à ses yeux, et dont l’issue peut paraître dépourvue d’espoir si on regarde les faits seulement à première vue.

Donc, Abraham choisit de croire en cette promesse d’un fils. En échange, outre la promesse, Dieu lui donna autre chose. Il lui donna la justice – l’expression utilisée est ‘compta’ celà à justice.  Finalement, les deux promesses se réalisèrent pour Abraham; la promesse d’un fils d’où sortirait une grande nation et la promesse de justice.

La justice – source ni de nos mérites ni de nos efforts

J’ai eu le privilège de parler à des gens de religions et philosophies très diverses. Ce qui me paraît tout à fait frappant c’est que malgré les différences substantielles au niveau de leur théologie, quasiment tout ceux à qui j’ai parlé ou dont j’ai lu les commentaires à ce sujet raisonnent selon l’hypothèse que la justice s’obtient par mérite ou se gagne grâce à des efforts spécifiques, ou bien par le sacrifice de soi selon la démarche ascétique, ou encore grâce à un ‘bon’ comportement.

Nous concluons qu’en faisant plus de bonnes choses que de mauvaises choses, ou encore en accumulant un certain nombre de “bonnes œuvres” religieuses, cela nous permet de mériter le statut du juste.

J’ai vu cette logique s’exprimer chez des amis Boudhistes en Thailande, chez des Hindous en Inde, des Musulmans à travers le monde, des Catholiques, des Protestants, et même ceux qui croient simplement à “une Puissance Élevée”; nous tous dans ce monde vivons naturellement selon ce credo.

Je me souviens avoir interviewé des étudiants en théologie qui venaient de terminer un séminaire. Ils m’informèrent que c’était l’équilibre entre nos péchés et nos bonnes actions qui déterminait notre droiture.

Mais Abraham n’a pas ‘gagné’ la justice; elle lui a été ‘créditée’. Donc quelle est la différence? Et bien, si quelque chose est obtenu, c’est qu’on a travaillé pour cela – on l’a mérité. C’est comme quand on reçoit un salaire pour notre travail. Mais si quelque chose nous est crédité, ceci nous est donné. Tout comme n’importe quel cadeau donné gratuitement et qui n’est pas gagné, ni mérité, mais simplement reçu. Ce récit d’Abraham renverse la compréhension populaire que nous avons concernant la justice qui serait, soit une croyance en l’existence de Dieu, soit elle serait obtenue en faisant suffisamment de bonnes œuvres. Ce n’est pas la démarche qu’a suivit Abraham. Il a simplement choisit de croire en la promesse qu lui a été présentée.

La Croyance d’Abraham : Il a misé sa vie dessus

Choisir de croire en la promesse d’un fils était peut être simple mais ce n’était certainement pas facile. Abraham aurait pu facilement ignorer la promesse en contestant que si Dieu avait vraiment le désire et le pouvoir de lui accorder un fils alors il l’aurait déjà fait. Car à ce stade de leur vie, Abraham et Sarah (sa femme) étaient vieux et avaient passé depuis longtemps l’âge d’avoir des enfants. Souvenez vous qu’une “Grande Nation” a été promise à Abraham alors qu’il avait déjà 75 ans.

En response à cela il quitta son pays natal et partit pour Canan. Beaucoup d’années passèrent entre temps et Abraham et Sarah devenaient très vieux et n’avaient toujours pas d’enfant, sans parler d’une nation!

“Pourquoi Dieu ne nous a t-il pas déjà donné un enfant s’il pouvait le faire?”- ce serait-il demandé. En d’autres termes, il crut en la promesse d’un fils même s’il avait probablement des questions en suspent concernant la promesse. Il crut en la promesse parce qu’il fit confiance au Dieu qui fit la promesse – même s’il ne comprenait pas tout sur cette promesse, ni ne s’était figuré tout ce que Dieu avait à l’esprit. Croire en la promesse exigeait une attente active de la part d’Abraham. D’une certaine façon, sa vie entière fut interrompue alors qu’il logeait dans des tentes dans la Terre Promise de Canaan attendant (de nombreuses années) la promesse d’un fils à venir.

Celà aurait été beaucoup plus facile pour lui de ne pas tenir compte de la promesse et de retourner chez lui en Mésopotamie (de nos jours l’Irak) laissée derrière lui de nombreuses années auparavant et où se trouvaient toujours son frère et sa famille. Pendant de nombreuses années, Abraham devait vivre chaque jour avec la difficulté de croire en cette promesse et attendre qu’elle se réalise. Sa confiance en cette promesse était si grande qu’elle prenait le pas sur les autres objectifs de sa vie – la sécurité, le confort et le bien-être. Concrètement, vivre dans l’attente de la promesse voulait dire faire abstraction des objectifs habituels de la vie. Croire en cette promesse montrait à la fois sa confiance et son amour pour Dieu. Il aurait pu choisir de ne pas croire et de retourner au pays d’où il venait (de nos jours l’Irak)

Il aurait pu ignorer la promesse tout en continuant à croire en l’existence de Dieu, en continuant à prier et d’aider d’autres gens. Mais dans ce cas, il aurait gardé sa religion mais le statut de ‘juste’ ne lui aurait pas été accordé. Ainsi, croire en la promesse allait bien au delà d’un assentiment mental. Abraham dû miser sur sa vie, sa réputation, sa sécurité, ses actions présentes et ses espoirs futurs concernant la promesse car, comme il croyait, il attendait de façon active et dans une attitude d’obéissance. C’était la façon d’être d’Abraham.

Abraham : Le modèle pour nous aider à croire les Promesses

Le reste de la bible traite cette rencontre comme un Signe pour nous. La croyance qu’a Abraham en la promesse venant de Dieu et l’attribution de justice qui s’ensuit est pour nous un modèle à suivre. L’intégralité de l’Evangile est fondé sur des promesses que Dieu fait à chacun de nous. Ces promesses ne sont pas les mêmes que la promesse spécifique faite à Abraham d’avoir un fils. Ce sont néanmoins des promesses, et tout comme les promesses faites à Abraham, ces promesses nous emmènent au tournant d’une décision. Croyons nous (cad. faisons nous confiance) à ces promesses ou non.

De quelles promesses parlons nous? En voici quelques unes:

Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. (Jean 1:12-13)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. (Jean 5:24-25)

Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. (Jean 10:9-10)

“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.” (Matthieu 11:28-30)

“Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur.” (Romains 6:23 – article sur c’est verset ici)

Je pourrais continuer la liste. L’idée cependant ici c’est que ce sont des promesses et elles sont faites soit par Jésus, soit en son nom – à vous et moi. Tout comme Abraham, nous pouvons choisir de croire en ses promesses – ou non. Comme Abraham, croire ces promesses va exiger et impliquer notre vie entière. Vous allez devoir assujettir les buts et les aspirations de votre vie à ces promesses. Un acquiescement mental à ces promesses n’est pas l’offre que l’évangile présente. Ce n’est pas non plus la croyance en l’existence de Dieu ou encore des efforts vaillants et bien intentionnés dans le but de gagner certains mérites. Si vous croyez en ces promesses pour votre vie cela aussi vous sera imputé à justice.  Et ces promesses vont vous faire démarrer le même parcours de foi que celle sur lequel Abraham s’est embarqué.

Bien qu’Abraham ait vécu dans une région différente avec des coutumes et des rites différents, il demeure pour nous un modèle. La promesse faite à Abraham et qui s’est réalisée de façon littérale, historique et de façon vérifiable demeure un modèle et un signe avant coureur proclamant que nous ne sommes pas idiots si nous échangeons ce qui au final ne pouvons garder (cette vie) contre un gain que nous ne pouvons pas perdre (ces promesses de la vie éternelle).

La promesse atemporelle à un homme circonspect – discrète mais éternelle

A l’heure de la rédaction, l’attention du monde se porte sur de multiples championnats sportifs.  Le NFL américain se dirige vers le SuperBowl.  Les champions de l’année de hockey et de basketball se décident bientôt.  Et pendant que les fans nord-américains s’accrochent à ces sports, la majorité du reste du monde se focalise sur le Grand Slam de Tennis en Australie.  Et puis les matchs et les championnats de soccer (football) sont toujours présents.

Quant on y pense c’est incroyable que toute l’attention portée sur ces championnats sera en définitive oubliée en l’espace de six mois. Ce que le monde considère important à l’heure actuelle sera vite oublié quand il passe à d’autres amusements, championnats ou événements politiques. Ce qui fait la première page un jour se tourne vite en histoire oubliée le jour suivant.

Nous avons vu dans l’article précédent que ce même schéma se répétait à l’époque ancienne d’Abraham. Les compétitions, les exploits, les drames importants et spectaculaires qui retenaient l’imagination il y a 4000 ans, sont oubliés de nos jours. Mais  une promesse solennelle communiquée calmement à un individu, promesse négligée du monde de ce temps-là, grandit et  déferle sous nos yeux. Je souligne le point évident, mais souvent négligé, que la promesse faite à Abraham il y a environ 4000 ans s’accomplit littéralement, historiquement et est vérifiable. Il y a lieu de reconnaître au moins que cette promesse nous offre un plaidoyer préliminaire en faveur de l’existence du Dieu de la Bible. Le récit d’Abraham se poursuit par d’autres rencontres avec le Dieu de promesses. Abraham et ceux qui suivent son cheminement apprennent encore plus – voir la promesse qui passe du domaine de l’histoire à celui de l’Eternel. Ce récit n’est pas un événement vite démodé comme les championnats sportifs du jour, mais le récit d’un homme circonspect qui permettra de comprendre et saisir l’éternité. Il serait sage d’y prêter attention.

La plainte d’Abraham

Plusieurs années se sont écoulées depuis la Promesse dite à Abraham dans le récit de Genèse 12. Abraham avait déménagé à Canaan (la Terre Promise), Israël aujourd’hui, en obéissant à la promesse. D’autres événements mémorables se produisent ensuite excepté celui qu’il attend – la naissance du fils au travers duquel s’accomplirait la promesse. Nous reprenons le récit à la plainte d’Abraham:

Après ces événements, la parole de l’Eternel fut adressée à Abram dans une vision, et il dit: Abram, ne crains point; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande.

 Abram répondit: Seigneur Eternel, que me donneras-tu? Je m’en vais sans enfants; et l’héritier de ma maison, c’est Eliézer de Damas.Et Abram dit: Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier. (Genèse 15:1-3)

La promesse de Dieu

Abraham campait au Pays et attendait le départ de la ‘Grande Nation’ qui lui était promise. Mais rien ne se passe et il a maintenant environ 85 ans. Il se plaint de ce que Dieu ne tient pas la Promesse qu’Il lui avait faite. Leur conversation se poursuit:

Alors la parole de l’Eternel lui fut adressée ainsi: Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. Et après l’avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Telle sera ta postérité. (Genèse 15:4-5)

Dans l’échange Dieu répète Sa première promesse et déclare qu’il aura un fils qui deviendra un peuple aussi innombrable que les étoiles du ciel – nombreuses mais difficiles à compter.

La réponse d’Abraham: Effet éternel

C’est à Abraham de jouer. Comment répondra-t-il à la Promesse réitérée? Ce qui suit est une phrase que la Bible elle-même considère comme l’une des plus importantes de toute l’Écriture (citée plusieurs fois ultérieurement). Elle établit les fondements pour comprendre l’Évangile et révèle le chemin à l’Eternel. Elle dit :

Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste. (Genèse 15:6)

La phrase est plus facile à comprendre si nous remplaçons les pronoms par des noms. Elle se lit ainsi :

Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel déclara Abram juste. (Genèse 15:6)

C’est une petite phrase qui passe inaperçue. Elle va et vient sans fanfare de championnat et nous sommes enclins à l’éviter. Mais elle a une importance vitale – et elle contient les semences de l’Eternel. Pourquoi? Parce que dans cette petite phrase Abraham est déclaré ‘juste’. Voilà la qualité – et la seule qualité – nécessaire pour se mettre en règle avec Dieu.

Révision du problème: la corruption

Du point de vue de Dieu, bien que nous ayons été créés à Son image, quelque chose est arrivé qui a corrompu l’image. Le verdict biblique est donc :

Du haut du ciel, l’Eternel observe les homes
pour voir s’il y en a un qui est intelligent,
qui cherche Dieu:
3 tous se sont éloignés, ensemble ils se sont corrompus;
il n’y en a aucun qui fasse le bien,
pas même un seul. (Psaume 14:2-3)

Les images qui m’aident à mieux  comprendre sont la corruption des elfes en orcs dans l’épopée du Seigneur des Anneaux ainsi que l’analogie de ‘manquer’ le but utilisée dans la bible. Le résultat final est que nous nous retrouvons séparés d’un Dieu Juste parce que nous n’avons aucune justice. La corruption nous prend et déferle vers un ‘Brave New World’, un monde autonome de Dieu et enclin à faire le mal – la récolte est la futilité et la mort. Si vous en doutez, il suffit de parcourir les manchettes des nouvelles et voir ce que les gens ont fait pendant les dernières 24 heures.

De fait notre corruption nous a rendus répulsifs à Dieu tout comme le cadavre d’un rat en décomposition nous révulserait. Nous ne voudrions pas nous en approcher. La vue et la puanteur nous forceraient à nous tenir à distance. Nous sommes séparés du Créateur de la Vie et les paroles d’Esaïe s’avèrent vraies:

Nous sommes tous semblables à des êtres impurs,
toute notre justice est comme des linges souillés.
Nous sommes tous flétris comme un feuillage,
nos fautes nous emportent comme le vent. (Esaïe 64:5)

Abraham et la justice

Mais nous trouvons cachée, presque inaperçue, dans la conversation entre Abraham et Dieu, la déclaration qu’Abraham a obtenu ‘justice’ – celle que Dieu accepte. Qu’a donc ‘fait’ Abraham pour recevoir cette justice? Encore une fois sans prétentions, le texte dit tout simplement qu’Abraham ‘fit confiance’. C’est tout? Nous voilà devant l’obstacle insurmontable d’être des ‘orcs’ corrompus, et la tendance naturelle, et puis-je dire universelle, de l’être humain à travers les âges  de rechercher des religions sophistiquées et difficiles, des efforts, une morale, des disciplines ascétiques, des enseignements, des systèmes de mérites, etc., – pour acquérir la justice. Mais cet homme, Abraham, obtient cette justice prisée en ‘croyant’ tout simplement.

Que signifie cela? En quoi cela concerne-t-il votre justice et la mienne? Cela a une importance totale pour votre justice et la mienne! Nous le verrons dans l’article suivant.

La voix de l’antique promesse qui résonne encore autour du monde

On peut observer de nos jours une tendance de presse mondiale qui se dégage des autres et qui vaut la peine qu’on s’y attarde. Chaque mois, et même chaque semaine, un flot incessant de rapports et de nouvelles maintient la nation d’Israël régulièrement en évidence. Le conflit avec les Palestiniens, les guerres environnantes ainsi que les tensions au Moyen-Orient sont généralement amplifiés à cause de l’État d’Israël afin que le reste du monde entende toujours parler de ce pays. C’est plutôt inhabituel étant donné qu’Israël est un petit pays en termes géographique, économique et démographique.

Le fait que des événements ayant lieu dans ce minuscule pays d’Israël des temps modernes aient des échos dans le monde entier devrait nous amener à considérer ce qui a déclenché la chaîne d’événements qui ont conduit à cette situation particulière. Pour bien saisir cela, nous devons nous rapporter aux premières pages du livre de la Genèse dans la Bible, où, il y a environ 4000 ans, un individu sans importance a entrepris un voyage de camping qui n’en finissait plus et est devenu célèbre dans le monde entier et le demeure encore aujourd’hui. Cela est assez remarquable en soi, mais comprendre cette histoire comporte des implications bien au-delà des causes et des effets historiques. Le Livre Saint dit que cette histoire aura une incidence sur le résultat de votre destinée éternelle et la mienne. S’il y a la moindre chance que cela soit vrai, nous ferions bien d’être attentifs.

L’homme d’autrefois dont il est question est Abraham (aussi appelé Abram). Le récit de la Bible est si ancien qu’il n’existe pas beaucoup de preuves externes pour réfuter ou confirmer les événements. Mais il y en a quelques-unes. Parmi les 17 000 tablettes d’Ebla découvertes en 1975 et 1976 dans le nord de la Syrie et âgées d’environ 4200 ans, on fait mention de Sodome, Gomorrhe, Adma, Tseboïm et Tsoar comme des «villes de la plaine», les mêmes noms et phrases descriptives utilisés dans Genèse 13: 2 et Genèse 14: 2 – les endroits où Abraham a fait son «camping». Nous avons donc des raisons préalables et suffisantes pour prendre au sérieux ce récit.

 La promesse à Abraham

Le récit biblique d’Abraham commence avec Dieu qui lui fait les promesses suivantes:
«Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai;
Je rendrai ton nom grand et tu seras une source de benediction.
Je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront;
… et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.» (Genèse 12: 2-3)

 … promesses accomplies grâce à la renommée d’Abraham

La plupart d’entre nous aujourd’hui se demande s’il y a vraiment un Dieu et s’il s’est réellement révélé à travers le récit biblique ou non. Et dire que nous avons sous les yeux cette promesse, dont certaines parties sont vérifiables. Ce récit mentionne Dieu promettant directement à Abraham :“ Je rendrai ton nom grand ”. Nous voici bien établis dans le 21e siècle et le nom d’Abraham / Abram est l’un des noms les plus reconnus à l’échelle mondiale de l’Histoire de l’humanité.

Cette promesse est devenue une réalité littérale, historique et vérifiable. La première copie encore existante de la Genèse vient des Manuscrits de la Mer Morte, qui datent d’entre 200 à 100 ans avant J-C. Cela signifie que cette promesse a, à tout le moins, été mise par écrit depuis ce temps. Pourtant, à ce moment-là, la personne et le nom d’Abraham n’étaient connus que de la minorité de Juifs qui suivaient la Thora. Nous pouvons donc voir que l’accomplissement est survenu seulement après qu’elle a été écrite, pas avant. Nous ne sommes certainement pas devant le cas d’un événement consigné après le fait.

… grâce à sa grande nation

Ce qui est également étonnant est qu’Abraham n’a vraiment rien accompli de remarquable dans sa vie – le genre de chose qui rend normalement le nom de quelqu’un «grand ou célèbre». Il n’a rien écrit d’extraordinaire (comme l’Odyssée d’Homère ou le Code d’Hammourabi), il n’a pas été à la tête d’un empire (comme les Pharaons d’Egypte), il n’a pas conduit de campagnes militaires impressionnantes (comme Hannibal ou Alexandre le Grand ), ni rien inventé. Il n’a rien fait d’exceptionnel, à part camper et engendrer quelques lignées. Si vous aviez eu l’habitude de parier en ce temps-là, vous auriez sans doute misé sur un des rois, des généraux, des guerriers, ou encore des poètes de l’époque pour devenir grand et célèbre dans         l’Histoire. Mais tous ces noms sont tombés dans l’oubli – tandis que l’homme qui réussit à peine à engendrer quelques fils dans le désert est devenu célèbre dans le monde entier. Son nom est devenu grand seulement parce que les nations qu’il a engendrées ont inscrit son nom dans leurs annales – et qu’ensuite seulement des individus et des nations qui sont sortis de lui sont devenus grands. C’est exactement ce qui avait été promis il y a longtemps dans Genèse 12 : «Je ferai de toi une grande nation … je rendrai ton nom grand”. Je ne peux penser à personne d’autre dans toute l’Histoire qui est devenu grand uniquement à cause de ses descendants et non à cause de ses exploits.

… Par la volonté de celui qui a fait la promesse

Tant qu’à la nation qui descend aujourd’hui d’Abraham – les Juifs – elle n’était jamais vraiment une nation avec laquelle nous associons généralement la grandeur. Ils n’ont pas construit de grandes structures architecturales comme les pyramides d’Égypte, écrit de dissertations philosophiques comme les Grecs, ou été des administrateurs ou des bâtisseurs comme les Romains – qui l’ont fait dans le contexte de puissances mondiales étendant leurs vastes frontières grâce à leur pouvoir militaire extraordinaire. La renommée du peuple juif est principalement due au livre de la Thora dont ils sont à l’origine, à quelques individus remarquables issus de leur lignée, et au fait qu’ils ont survécu depuis des milliers d’années comme peuple distinct et à part. Leur grandeur n’est pas vraiment liée à ce qu’ils ont accompli, mais plutôt à ce qu’on leur a fait et à ce qui a été fait à travers eux. Arrêtons-nous maintenant sur la raison qui allait mener cette promesse à l’aboutissement. Là, noir sur blanc, il est écrit à plusieurs reprises “Je vais …”. La façon unique par laquelle leur grandeur a joué un rôle dans l’histoire s’inscrit remarquablement une fois de plus dans cette déclaration que c’est Dieu qui rendrait cela possible et non leur propre capacité, leurs efforts de conquête ou la puissance de leur «grande nation». L’attention portée à travers le monde aujourd’hui pour les nouvelles en provenance d’Israël est un cas d’espèce. Entendez-vous régulièrement parler d’événements d’actualité en Hongrie, en Norvège, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Bolivie, ou en République Centrafricaine – tous des pays de taille similaire à travers le monde?

Rien de naturel dans l’Histoire, ni dans aucun événement humain, n’aurait pu mener à l’accomplissement de cette ancienne promesse telle que déclarée à cet homme d’autrefois qui, parce qu’il a eu confiance en cette promesse, a choisi le «chemin le moins fréquenté». Pensez à combien peu probable cette promesse allait se réaliser. Mais elle s’est accomplie et continue à s’accomplir, comme déclaré il y a des milliers d’années. Il n’y a aucun doute que c’est uniquement sur le pouvoir et l’autorité de celui qui a fait la promesse que celle-ci s’est réalisée.

 Le périple qui secoue encore le monde

Abraham trekCette carte montre l’itinéraire du voyage d’Abraham.

La bible déclare ensuite qu’ «Abram partit comme l’Éternel le lui avait dit» (v. 4). Il s’est mis en route pour le voyage indiqué sur la carte et dont on parle encore aujourd’hui.

 

Des bénédictions pour nous

Mais il y a plus encore! La bénédiction n’était pas seulement pour Abraham puisqu’il est aussi dit que «toutes les familles de la terre seront bénies en toi” (c’est-à-dire à travers Abraham). Cela devrait nous secouer vous et moi et nous pousser à prêter attention. Parce que vous et moi faisons partie de “toutes les familles de la terre”- quels que soient notre religion, notre origine ethnique, notre pays, notre statut social ou notre langue. La portée de cette promesse englobe tout le monde aujourd’hui! Comment? Quand? Quel genre de bénédiction? Ce n’est pas clairement indiqué ici, mais c’est le début de quelque chose qui nous affecte directement vous et moi. Puisque nous savons que les premières parties de cette promesse se sont réalisées, nous pouvons avoir l’assurance que la dernière partie qui s’applique à nous, s’accomplira également. Nous n’avons besoin que de la clé pour résoudre l’énigme. Et nous la trouverons en continuant à suivre le parcours d’Abraham. La clé de «justice» que tant de personnes dans le monde entier cherchent ardemment à découvrir nous sera révélée dans notre prochain article où nous continuerons à suivre les traces de cet homme remarquable.

Le compte à rebours est lancé – dès l’origine

Dans les articles précédents j’ai considéré la chute de l’homme à partir de son état créé à l’origine. Mais la Bible poursuit un plan conçu par Dieu. Ce plan est centré sur une Promesse.

La Bible – une vraie bibliothèque

Pour bien comprendre cette Promesse il faut connaître les principes de base de la Bible. Bien qu’il s’agisse d’un livre, une appellation plus juste serait celle d’une bibliothèque portable. En effet elle inclut un recueil de livres, écrits par un groupe d’auteurs variés sur une durée de plus de 1500 ans, et reliés de nos jours en un seul tome. Ce fait unique distingue la Bible de tous les Grands Livres du monde. Les différents livres de la Bible présentent des thèses, déclarations et prédictions reprises plus tard par d’autres écrivains. Si la Bible n’avait qu’un seul auteur, ou groupe d’auteurs qui se connaissent, cela ne devrait pas surprendre. Mais les auteurs de la Bible sont séparés par des centaines voire des milliers d’années et sont de classes sociales diverses; ils écrivent dans des civilisations, des langues et des genres littéraires différents; et cependant les messages, allusions et prédictions sont repris sans heurt par les auteurs suivants, ou s’accomplissent par des faits historiques vérifiables en dehors de la Bible. La Bible se distingue ainsi sur un plan tout différent – et en connaissance de cause nous cherchons à comprendre son message. Les manuscrits actuels des livres de l’Ancien Testament (livres qui précèdent Jésus) datent d’environ 200 av. J.-C., beaucoup plus récents que les textes de base pour tout autre livre de l’antiquité.  Et comme le dit l’article sur la fiabilité textuelle, les manuscrits du Nouveau Testament datent d’à partir de 125 apr. J.-C.

La promesse de l’Évangile dans le Jardin

Nous voyons cette aptitude prophétique dans le récit de la Création et de la Chute tout au début du livre de la Genèse dans la Bible. (La Genèse est écrite par Moïse environ 1500 av. J.-C.). Autrement dit, bien qu’il relate le Commencement, le récit est rédigé avec l’Aboutissement en vue.  Voici une Promesse alors que Dieu se confronte à Satan (ou le diable) et lui parle sous forme d’énigme :

“… Je (Dieu) placerai l’inimitié entre toi (Satan) et entre la femme, entre ta semence et entre sa semence.  Lui, il te visera la tête et toi tu lui viseras le talon.” (Genèse 3:15)

Une Promesse sous forme d’énigme – mais compréhensible. En lisant attentivement vous verrez que cinq personnages différents y sont mentionnés ET qu’elle est prophétique car elle porte le regard vers l’avenir (voir l’utilisation répétée des verbes au futur). Voici les personnages:

  1. Dieu
  2. Satan
  3. La femme
  4. La descendance de la femme
  5. La descendance de Satan

Et l’énigme décrit comment ces personnages interagiront à l’avenir. Voici le schéma :

Les relations décrites entre les personnages dans la Promesse
Les relations décrites entre les personnages dans la Promesse

 

 

Le texte ne dit pas qui est ‘la femme’ mais Dieu s’assurera de ce que Satan et la femme, tous les deux, aient une ‘semence’. Il y aura ‘inimitié’ ou haine entre les descendances et entre la femme et Satan. Satan ‘visera le talon’ de la descendance de la femme tandis que la descendance de la femme ‘visera la tête’ de Satan.

Déductions sur la Descendance – un ‘il’

Jusqu’à présent nous n’avons fait d’observations que sur le texte en soi. Passons donc à des déductions raisonnées. Du fait que la ‘semence’ de la femme est dénommé ‘il’ nous savons qu’il s’agit d’un seul être humain de sexe masculin. Cela nous permet d’éliminer quelques interprétations possibles. En tant que ‘il’ la descendance n’est pas ‘elle’ et donc ne peut être une femme – mais ‘il’ vient d’une femme. En tant que ‘il’ la descendance n’est pas ‘ils’, ce qui pourrait être le cas, soit un groupe de personnes, ou une race, ou une équipe, ou une nation. A plusieurs reprises et de différentes manières des personnes ont cru que ‘ils’ au pluriel serait la réponse. Mais la descendance, en tant que ‘il’, n’est PAS un groupe de personnes, qu’il s’agisse d’une nation ou d’un groupe religieux comme les Juifs, les Chrétiens ou les Musulmans, etc. En tant que ‘il’ la descendance n’est pas une ‘chose’ (la descendance est une personne). Cela élimine l’interprétation de la descendance comme étant une philosophie, un enseignement, une technologie, un système économique ou politique, ou une religion donnée. Une ‘chose’ de ce type serait et s’avèrerait encore la solution préférée aux problèmes du monde. Nous croyons que la solution à notre situation est un genre de ‘chose’; les meilleurs penseurs humains au cours des siècles préconisent donc différents systèmes politiques ou éducationnels, technologies, religions, etc.  Mais dans cette Promesse une direction tout autre est indiquée. Dieu avait autre chose à l’esprit – un ‘il’. Et ce ‘il’ écraserait la tête du serpent.

Autre remarque intéressante dans ce qui n’est pas dit. Dieu ne promet pas de descendance à l’homme comme il le promet à la femme. Le fait est vraiment extraordinaire vu l’importance des fils venant de pères à travers la Bible.  De fait, les critiques en Occident décrient l’omission des lignées venant de femmes dans les généalogies de la Bible. La Bible nous paraît ‘sexiste’ puisqu’elle ne considère que les fils d’hommes. Mais ce cas est différent – aucune promesse n’est faite d’une descendance (un ‘il’) venant d’un homme. Il est dit seulement qu’une descendance viendra de la femme, sans faire mention d’un homme.

Parmi tous les êtres humains qui ont existé et qui me viennent à l’esprit, soit historiquement soit mythiquement, seuls deux n’ont jamais eu de père physique. Le premier est Adam, créé directement par Dieu. Le second est Jésus, né d’une vierge (comme l’affirme le Nouveau Testament) – donc pas de père humain. Est-ce Jésus qui est annoncé par l’énigme? Cela correspond à l’observation de la descendance en tant que ‘il’, non pas ‘elle’, ‘ils’ ou une ‘chose’. Si vous lisez l’énigme avec cette perspective quelques éléments se mettent en place.

Lui viseras le talon‘??

Que veut dire le texte quand il parle du serpent qui viserait ‘le talon’? Je ne l’ai compris qu’après avoir travaillé dans les jungles du Cameroun. Nous devions porter de grosses bottes en caoutchouc même dans la chaleur humide – parce que les serpents s’y faufilent dans l’herbe haute et vous viseraient le pied – c.-à-d. le talon – et vous mourriez. Le premier jour j’ai presque marché sur un serpent, et j’aurais pu en mourir. Je comprends l’énigme maintenant. Le ‘il’ allait détruire le serpent, mais le prix qu’il devrait payer, serait sa mort. L’énigme annonce effectivement la victoire accomplie par la mort de Jésus.

La descendance du serpent?

Mais qui est l’autre protagoniste, la descendance de Satan? Bien que le temps nous manque pour l’examiner en détail, les Livres ultérieurs parlent d’une personne future. Notez les descriptions:

“… quand les méchants auront mis le comble à leur révolte contre Dieu, s’élèvera un roi dur et expert en intrigues.

Sa puissance ira en croissant, mais non par sa propre force. Il causera d’incroyables ravages et réussira dans tout ce qu’il entreprendra; il exterminera de puissants adversaires et décimera les membres du peuple saint.

Grâce à son habileté, il réussira à tromper beaucoup de gens, l’orgueil remplira son cœur, il fera périr bien des hommes qui vivaient en paix; il s’insurgera même contre le Prince des princes, mais il sera brisé sans aucune intervention humaine.” (Daniel 8: 23-25; écrit par Daniel à Babylone vers l’an 550 av. J.-C.)

Un homme, soutenu par une puissance invisible défiera le ‘Prince des princes’ mais sa tête aussi ‘sera visée’.

Au sujet de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ et de notre rassemblement auprès de lui, …

Que personne ne vous égare d’aucune façon. Car ce jour n’arrivera pas avant qu’éclate le grand Rejet de Dieu, et qu’apparaisse l’homme de la révolte qui est destiné à la perdition,

l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de dieu, et de tout ce qui est l’objet d’une vénération religieuse. Il ira jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu en se proclamant lui-même dieu. (2 Thessaloniciens 2:1-4; écrit par Paul en Grèce vers l’an 50 apr. J.-C.)

Et le dernier livre de la Bible, éloigné de la Promesse dans la Genèse par des milliers de pages et d’années, prédit :

La bête que tu as vue était. Elle n’est plus, elle va monter de l’abîme pour aller à la perdition. Les habitants de la terre dont le nom n’est pas écrit dans le livre de vie depuis la fondation du monde, s’émerveilleront en voyant la bête, car elle était, elle n’est plus et elle viendra.

C’est ici qu’il faut une intelligence éclairée par la sagesse. (Apocalypse 17:8-9; écrit par Jean sur une île au large de la Turquie vers 90 apr. J.-C.)

Ces livres ultérieurs (notez à nouveau la diversité d’auteurs, de cadres et d’époques) parlent très clairement d’un compte à rebours jusqu’à un conflit entre la descendance de la femme et celle de Satan. Mais l’idée à l’état embryonnaire est déjà mentionnée dans cette Promesse de la Genèse, au tout début de l’histoire biblique,  et les détails viendront. L’apogée de l’histoire, c’est-à-dire le compte à rebours jusqu’à la bataille commencée il y a bien longtemps entre Satan et Dieu dans le Jardin est donc prévu dès le début – dans le premier Livre. On pourrait presque croire que l’histoire est vraiment Son Histoire.

Corrompu (partie 2)… et manquant le but

Dans l’article précédent j’ai observé que la Bible nous décrit comme corrompus par rapport à l’image originale de Dieu à laquelle nous avons été créés. Une analogie visuelle qui m’a aidé à mieux le ‘voir’ était celle des orcs de Middle Earth, corrompus par rapport aux elfes. Mais d’un point de vue biblique, comment est-ce arrivé?

C’est enregistré dans le livre de la Genèse dans la Bible. Peu après avoir été créés ‘à l’image de Dieu’ les premiers humains ont été éprouvés. Le récit rapporte un échange avec un ‘serpent’. Le serpent a toujours universellement représenté Satan – un adversaire angélique à Dieu. Dans la Bible, Satan confronte généralement en parlant à travers une autre personne. Dans ce cas il a parlé à travers un serpent. L’échange nous est rapporté de la façon suivante.

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que l’Eternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: «Dieu a-t-il vraiment dit: ‘Vous ne mangerez aucun des fruits des arbres du jardin’?»

La femme répondit au serpent: «Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Cependant, en ce qui concerne le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: ‘Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’»

Le serpent dit alors à la femme: «Vous ne mourrez absolument pas, mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu: vous connaîtrez le bien et le mal.»

La femme vit que l’arbre était porteur de fruits bons à manger, agréable à regarder et précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea. Leurs yeux à tous les deux s’ouvrirent, et ils prirent conscience qu’ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s’en firent des ceintures. (Genèse 3:1-7)

Le point crucial de leur choix, et donc la tentation, était qu’ils pourraient ‘être comme Dieu’. Jusqu’à présent ils avaient implicitement fait confiance à Dieu pour tout et L’avaient pris au mot pour tout. Maintenant ils avaient le choix de le délaisser, de devenir ‘comme Dieu’, de faire confiance en eux-mêmes et de se prendre au mot. Ils pourraient devenir eux-mêmes ‘dieux’, capitaines de leurs propre navires, maîtres de leur destin, autonomes et ne répondant qu’à eux-mêmes. Bien avant The God Delusion (l’illusion de dieu) de Dawkins, les premiers humains sont tombés dans le piège de la vraie illusion de dieu – qu’ils pourraient être ‘comme Dieu’.

Dans la Déclaration d’indépendance quelque chose a changé en nos ancêtres. Le récit nous dit qu’ils ont senti la honte et ont essayé de se couvrir. En fait, juste après, quand Dieu confronte Adam au sujet de son infraction à l’alliance, il blâme Ève (et Dieu qui l’a créée). A son tour elle blâme le serpent. Personne ne voulait accepter la responsabilité.

Ce qui a commencé ce jour-là se poursuit parce que nous avons hérité de cette disposition innée. Voilà pourquoi les israélites (dans l’article précédent) au temps d’Osée se comportaient comme Adam – parce qu’ils (comme nous) avaient hérité de cette disposition. Certains comprennent mal le récit biblique en inférant que nous sommes coupables de la rébellion d’Adam. En fait, le seul coupable est Adam mais nous vivons les conséquences de la rébellion. Pensons à la génétique. Nous avons hérité d’Adam une nature qui cherche la mutine et donc de manière innée, presqu’inconsciemment, mais de plein gré nous poursuivons la révolte entamée. Être dieu de l’univers n’est pas le seul objectif, mais dieux de nos circonstances; capitaines de nos vaisseaux; autonomes à part de Dieu. Le refrain de Bon Jove “It’s my life” (“C’est ma vie”), celui de Frank Sinatra plus sublime “I did it my way”(“Je l’ai fait à ma façon”), les revues Self (Soi) qui parsèment les allées de supermarchés sont un reflet léger de ce désir, tandis que Mein Kempf (“Mon combat”) de Hitler et le culte de personnalité du dirigeant Kim Jong-II de la Corée du Nord (appelé ‘Cher Dirigeant’) sont des échos bien plus sombres. Ces exemples exposent la tendance en notre nature commencée par la rébellion d’Adam.

Voilà qui explique tant de pour acquis de la vie humaine. C’est la raison du besoin partout de verrous pour les portes, de la police, d’avocats, de mots de passe cryptés pour les opérations bancaires – parce que dans l’état actuel nous allons voler les uns des autres. C’est pourquoi les empires et sociétés finissent tous par se détériorer et s’effondrer – parce que les citoyens de tous ces empires ont tendance à se dégrader. Voilà pourquoi après avoir essayé toutes formes de gouvernements et de systèmes économiques, et bien que certains fonctionnent mieux que d’autres, tout système politique ou économique semble finir par s’effondrer sur lui-même – parce que les personnes qui vivent ces idéologies sont poursuivies par les tendances qui finissent par entraîner le système entier vers le bas. Voilà pourquoi aucune religion n’a pleinement réalisé la vision de leur société – l’athéisme non plus (pensez à l’Union soviétique de Staline, la Chine de Mao, le Cambodge de Pol Pot) – parce que quelque chose dans notre façon d’être tend à nous faire manquer la vision.

En fait, le mot ‘manquer’ résume bien notre situation. Un verset de l’ancien testament donne une image qui m’a aidé à mieux le comprendre. Il dit

Parmi toute cette troupe, il y avait 700 hommes d’élite qui étaient gauchers. Tous ceux-là pouvaient, en lançant une pierre avec la fronde, viser un cheveu sans le manquer. (Juges 20:16)

Ce verset décrit des soldats experts à manier la fronde et qui ne manquaient jamais. Le mot en hébreu traduit ‘manquer’ ci-dessus estיַחֲטִֽא׃ (prononcé Khau-tau). Ce qui est intéressant est que ce même mot hébreu est aussi traduit ‘pécher’ dans la majorité de l’ancien testament. Par exemple, ce même mot hébreu est ‘pécher’ lorsque Joseph, vendu comme esclave en Égypte, n’a pas commis l’adultère avec la femme de son maître, quand même elle le suppliait. Il lui a dit:

Personne n’est plus grand que moi dans cette maison et il ne m’a rien interdit, sauf toi parce que tu es sa femme. Comment pourrais-je commettre un aussi grand mal et pécher contre Dieu? (Genèse 39:9)

Et juste après avoir donné les Dix Commandements il est dit:

Moïse dit au peuple: «N’ayez pas peur, car c’est pour vous mettre à l’épreuve que Dieu est venu et c’est pour que vous ayez sa crainte devant les yeux afin de ne pas pécher.» (Exode 20:20)

Dans ces deux passages c’est le même mot hébreuיַחֲטִֽא׃ qui est traduit ‘pécher’. C’est exactement le même mot qui signifie ‘manquer’ en parlant de soldats lançant des frondes aux cibles que dans ces versets où il signifie ‘pécher’ en parlant de la façon dont les gens se traitent. Cette image nous aide à comprendre ce qu’est ‘pécher’. Le soldat prend une fronde et la lance pour frapper la cible. S’il manque il a failli à son objectif. De la même manière nous avons été créés à l’image de Dieu pour atteindre la cible sur la façon dont nous nous adressons à Lui et traitons les autres. ‘Pécher’ c’est manquer cet objectif, ou cette cible, prévu pour nous, et que nous par nos divers systèmes, religions et idéologies visons aussi.

Cette image corrompue et de but-manqué n’est pas belle, ne donne ni plaisir ni optimisme. Au fil des ans j’ai vu des réactions fortes contre cet enseignement biblique. Je me souviens d’une étudiante universitaire me foudroyant du regard et disant, “Je ne vous crois pas parce que je n’aime pas ce que vous dites”. Je trouve cela curieux. Comment est-ce qu’’aimer’ quelque chose a à faire avec le fait que ce soit vrai ou pas? Je n’aime pas les impôts, les guerres, le SIDA et les tremblements de terre – je doute fort que quelqu’un les aime – mais cela ne les fait pas disparaitre, et je ne peux pas non plus les ignorer. Tous les systèmes de loi, police, verrous, clés, sécurité etc. que nous avons élaboré dans la société et prenons pour acquis pour nous protéger les uns des autres suggère qu’il y a une erreur. Tout au moins, cet enseignement biblique mérite considération impartiale.

Nous voilà donc avec un problème. Nous sommes corrompus de l’état original, l’image à laquelle nous avons été créé a été gâchée, et nous ne pouvons atteindre la cible quand il s’agit d’actes moraux. Mais Dieu ne nous a pas laissé là à patauger dans notre impuissance. Il a institué un plan, que nous avons entrevu dans les Signes d’Abraham et la Pâque. C’était un plan pour nous secourir, et voilà pourquoi l’évangile signifie littéralement ‘bonne nouvelle’ – parce que ce plan est la bonne nouvelle que nous devons entendre et recevoir. Mais Dieu n’a pas attendu jusqu’à Abraham pour nous l’annoncer. En fait Il l’a d’abord annoncé dans cette même conversation avec Adam et Ève il y a si longtemps dans le Jardin. Nous verrons cette première annonce de la Bonne Nouvelle dans l’article suivant.