la foi d’Abraham: Un modèle nous devons suivre

La Promesse Révélant la Justice pour nous

Dans l’article que j’ai écrit précédemment, nous avons vu qu’Abraham a obtenu le statut indispensable du juste simplement parce qu’il a cru. On trouve cette déclaration dans la petite phrase:

Et il (Abram) cru à l’Eternel; et Il lui compta cela à justice. (Genèse 15:6 )

[Abram eut confiance en l’Eternel, qui le lui compta comme justice. (Genèse 15:6) ( Bible Louis Segond)]

Croire ne veut pas dire croire en l’existence de Dieu

Je souhaite à présent éclaircir ce que signifie Abraham ‘cru’. De nombreuses personnes avec qui j’ai parlé pensent que ‘croire’ signifie croire en l’existence de Dieu. J’ai souvent entendu “Oh, je crois en Dieu”, ceci voulant dire “Je crois que Dieu existe”. D’une certaine façon, il semble que nous pensions que Dieu soit impressionné et ravi lorsque nous affirmons Son existence. Pourtant, voilà en fait ce que declare la bible:

Tu crois qu’il y a un seul Dieu? Tu fais bien; les démons aussi le croient, et ils tremblent (Jacques 2:19)

Selon la Bible, croire simplement que Dieu existe nous met dans le même camp que le Diable. Je vous laisse seul juge de l’assurance que cela vous procure. Certes il est vrai qu’Abraham croyait en l’existence de Dieu mais ce n’est pas du tout l’enjeu de cette rencontre. La réalité à laquelle Abraham faisait face était qu’il avait dans les 80 ans et n’avait toujours pas de fils. Au cours de leur discussion, Dieu, comme il l’avait fait plusieurs fois auparavant, avait promis à Abraham qu’il lui donnerait un fils.

C’était cette promesse qui conduisit Abraham vers un moment décisif. Son choix n’était pas relatif à la croyance en l’existence ou non de Dieu mais plutôt si oui ou non il allait croire à la promesse spécifique que Dieu lui avait faite. Dans cette décision, Abraham choisit de croire.

Il eut confiance au fait que Dieu allait réaliser cette promesse. Croyance dans ce contexte est synonyme de confiance. Abraham choisit de croire en Dieu concernant ce sujet si important à ses yeux, et dont l’issue peut paraître dépourvue d’espoir si on regarde les faits seulement à première vue.

Donc, Abraham choisit de croire en cette promesse d’un fils. En échange, outre la promesse, Dieu lui donna autre chose. Il lui donna la justice – l’expression utilisée est ‘compta’ celà à justice.  Finalement, les deux promesses se réalisèrent pour Abraham; la promesse d’un fils d’où sortirait une grande nation et la promesse de justice.

La justice – source ni de nos mérites ni de nos efforts

J’ai eu le privilège de parler à des gens de religions et philosophies très diverses. Ce qui me paraît tout à fait frappant c’est que malgré les différences substantielles au niveau de leur théologie, quasiment tout ceux à qui j’ai parlé ou dont j’ai lu les commentaires à ce sujet raisonnent selon l’hypothèse que la justice s’obtient par mérite ou se gagne grâce à des efforts spécifiques, ou bien par le sacrifice de soi selon la démarche ascétique, ou encore grâce à un ‘bon’ comportement.

Nous concluons qu’en faisant plus de bonnes choses que de mauvaises choses, ou encore en accumulant un certain nombre de “bonnes œuvres” religieuses, cela nous permet de mériter le statut du juste.

J’ai vu cette logique s’exprimer chez des amis Boudhistes en Thailande, chez des Hindous en Inde, des Musulmans à travers le monde, des Catholiques, des Protestants, et même ceux qui croient simplement à “une Puissance Élevée”; nous tous dans ce monde vivons naturellement selon ce credo.

Je me souviens avoir interviewé des étudiants en théologie qui venaient de terminer un séminaire. Ils m’informèrent que c’était l’équilibre entre nos péchés et nos bonnes actions qui déterminait notre droiture.

Mais Abraham n’a pas ‘gagné’ la justice; elle lui a été ‘créditée’. Donc quelle est la différence? Et bien, si quelque chose est obtenu, c’est qu’on a travaillé pour cela – on l’a mérité. C’est comme quand on reçoit un salaire pour notre travail. Mais si quelque chose nous est crédité, ceci nous est donné. Tout comme n’importe quel cadeau donné gratuitement et qui n’est pas gagné, ni mérité, mais simplement reçu. Ce récit d’Abraham renverse la compréhension populaire que nous avons concernant la justice qui serait, soit une croyance en l’existence de Dieu, soit elle serait obtenue en faisant suffisamment de bonnes œuvres. Ce n’est pas la démarche qu’a suivit Abraham. Il a simplement choisit de croire en la promesse qu lui a été présentée.

La Croyance d’Abraham : Il a misé sa vie dessus

Choisir de croire en la promesse d’un fils était peut être simple mais ce n’était certainement pas facile. Abraham aurait pu facilement ignorer la promesse en contestant que si Dieu avait vraiment le désire et le pouvoir de lui accorder un fils alors il l’aurait déjà fait. Car à ce stade de leur vie, Abraham et Sarah (sa femme) étaient vieux et avaient passé depuis longtemps l’âge d’avoir des enfants. Souvenez vous qu’une “Grande Nation” a été promise à Abraham alors qu’il avait déjà 75 ans.

En response à cela il quitta son pays natal et partit pour Canan. Beaucoup d’années passèrent entre temps et Abraham et Sarah devenaient très vieux et n’avaient toujours pas d’enfant, sans parler d’une nation!

“Pourquoi Dieu ne nous a t-il pas déjà donné un enfant s’il pouvait le faire?”- ce serait-il demandé. En d’autres termes, il crut en la promesse d’un fils même s’il avait probablement des questions en suspent concernant la promesse. Il crut en la promesse parce qu’il fit confiance au Dieu qui fit la promesse – même s’il ne comprenait pas tout sur cette promesse, ni ne s’était figuré tout ce que Dieu avait à l’esprit. Croire en la promesse exigeait une attente active de la part d’Abraham. D’une certaine façon, sa vie entière fut interrompue alors qu’il logeait dans des tentes dans la Terre Promise de Canaan attendant (de nombreuses années) la promesse d’un fils à venir.

Celà aurait été beaucoup plus facile pour lui de ne pas tenir compte de la promesse et de retourner chez lui en Mésopotamie (de nos jours l’Irak) laissée derrière lui de nombreuses années auparavant et où se trouvaient toujours son frère et sa famille. Pendant de nombreuses années, Abraham devait vivre chaque jour avec la difficulté de croire en cette promesse et attendre qu’elle se réalise. Sa confiance en cette promesse était si grande qu’elle prenait le pas sur les autres objectifs de sa vie – la sécurité, le confort et le bien-être. Concrètement, vivre dans l’attente de la promesse voulait dire faire abstraction des objectifs habituels de la vie. Croire en cette promesse montrait à la fois sa confiance et son amour pour Dieu. Il aurait pu choisir de ne pas croire et de retourner au pays d’où il venait (de nos jours l’Irak)

Il aurait pu ignorer la promesse tout en continuant à croire en l’existence de Dieu, en continuant à prier et d’aider d’autres gens. Mais dans ce cas, il aurait gardé sa religion mais le statut de ‘juste’ ne lui aurait pas été accordé. Ainsi, croire en la promesse allait bien au delà d’un assentiment mental. Abraham dû miser sur sa vie, sa réputation, sa sécurité, ses actions présentes et ses espoirs futurs concernant la promesse car, comme il croyait, il attendait de façon active et dans une attitude d’obéissance. C’était la façon d’être d’Abraham.

Abraham : Le modèle pour nous aider à croire les Promesses

Le reste de la bible traite cette rencontre comme un Signe pour nous. La croyance qu’a Abraham en la promesse venant de Dieu et l’attribution de justice qui s’ensuit est pour nous un modèle à suivre. L’intégralité de l’Evangile est fondé sur des promesses que Dieu fait à chacun de nous. Ces promesses ne sont pas les mêmes que la promesse spécifique faite à Abraham d’avoir un fils. Ce sont néanmoins des promesses, et tout comme les promesses faites à Abraham, ces promesses nous emmènent au tournant d’une décision. Croyons nous (cad. faisons nous confiance) à ces promesses ou non.

De quelles promesses parlons nous? En voici quelques unes:

Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. (Jean 1:12-13)

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l’auront entendue vivront. (Jean 5:24-25)

Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. (Jean 10:9-10)

“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.” (Matthieu 11:28-30)

“Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ notre Seigneur.” (Romains 6:23 – article sur c’est verset ici)

Je pourrais continuer la liste. L’idée cependant ici c’est que ce sont des promesses et elles sont faites soit par Jésus, soit en son nom – à vous et moi. Tout comme Abraham, nous pouvons choisir de croire en ses promesses – ou non. Comme Abraham, croire ces promesses va exiger et impliquer notre vie entière. Vous allez devoir assujettir les buts et les aspirations de votre vie à ces promesses. Un acquiescement mental à ces promesses n’est pas l’offre que l’évangile présente. Ce n’est pas non plus la croyance en l’existence de Dieu ou encore des efforts vaillants et bien intentionnés dans le but de gagner certains mérites. Si vous croyez en ces promesses pour votre vie cela aussi vous sera imputé à justice.  Et ces promesses vont vous faire démarrer le même parcours de foi que celle sur lequel Abraham s’est embarqué.

Bien qu’Abraham ait vécu dans une région différente avec des coutumes et des rites différents, il demeure pour nous un modèle. La promesse faite à Abraham et qui s’est réalisée de façon littérale, historique et de façon vérifiable demeure un modèle et un signe avant coureur proclamant que nous ne sommes pas idiots si nous échangeons ce qui au final ne pouvons garder (cette vie) contre un gain que nous ne pouvons pas perdre (ces promesses de la vie éternelle).

Le Témoignage Juif: le fils d’une vierge venant de la lignée de David?

Nous avons vu par ailleurs l’origine du titre ‘Christ’. Considérons donc à présent une question controverse: Jésus de Nazareth est-il le ‘Christ’ prédit dans l’Ancien Testament Hébreu? C’est une sérieuse question à se poser.

De la lignée de David

Le Psaume 132 de l’Ancien Testament, écrit bien avant la venue de Jesus (environs 1000 avant J.-C.), contenait une prophétie très spécifique qui dit ceci:

10 “A cause de ton serviteur David,
ne repousse pas celui que tu as désigné par onction!
11 L’Eternel a fait ce serment véridique à David,
et il ne reviendra pas sur ce qu’il a promis:
«Je mettrai sur ton trône un de tes enfants.
12 Si tes fils respectent mon alliance
et les instructions que je leur donne,
leurs fils aussi seront assis
pour toujours sur ton trône.»
13 Oui, l’Eternel a choisi Sion,
il l’a désirée pour lieu d’habitation:
14 «C’est mon lieu de repos pour toujours.
J’y habiterai, car je l’ai désiré.
15 Je bénirai sa nourriture,
je rassasierai de pain ses pauvres,
16 je revêtirai ses prêtres de salut,
et ses fidèles pousseront des cris de joie.
17 Là je ferai grandir la puissance de David,
je préparerai un successeur pour celui que j’ai désigné par onction”
Psaume 123:10-17

Souvenez- vous que ‘celui qui est oint = Christ = ‘Messie. On peut voir qu’avant même qu’il n’y ait la Chrétienneté, les Psaumes hébreux/juifs prédirent que celui qui est oint de Dieu ( =’Christ’) viendrait de la lignée de David.

Bien sûr, nous voyons ceci dans le Nouveau Testament où les généalogies de Jésus le présentent comme étant de la lignée de David – tout comme le prédit le Psaume 132.

Jésus était il réellement de la lignée de David

Il semble que la revendication de la réalisation de cette prophétie dans le Nouveau Testament soit suspecte. La raison pour laquelle Matthieu et Luc incluent la généalogie de Jesus dans leur évangile est parce qu’ils veulent que nous voyons une réalisation de la prophétie Juive en Jesus.

Mais qui peut dire s’ils n’ont tout simplement pas inventé leur généalogies pour qu’il y ait une “réalisation”? Ce serait une explication plus naturelle que celle d’un accomplissement ‘divin’. Beaucoup parmi nous face à cette question soit la laissent en suspens soit croient ou ne croient pas et ceci à cause de nos préjugés. Mais attendez le verdict! Le plaidoyer n’est pas terminé – il y a de plus amples preuves à faire ressortir.

Lorsqu’il s’agit de découvrir ce qui s’est ‘réellement’ passé, cela aide de chercher ce que déclarent les témoins hostiles. Un témoin hostile se trouvait être juste sur la scène mais ne partage pas votre opinion général ou votre conclusion. Il est de ce fait déterminé à contredire ou réfuter votre témoignage. Imaginons qu’il y ait eu un accident de voiture entre une personne A et une personne B. Chacun tient l’autre responsable pour l’accident. Mais imaginez que la personne A ait vu la personne B en train de ‘texter’ juste avant l’accident.

La personne B n’a aucune motivation pour être d’accord avec la personne A sur ce point, et si elle admet qu’elle était en train de texter juste avant l’accident alors le juge et le jury ont une bonne raison d’assumer que la personne B était en train de texter puisque les témoins oculaires sont d’accord sur ce point et que la personne B n’a rien à gagner mais à tout à perdre si elle est d’accord sur ce point.

De la même façon, en passant au crible les sources historiques hostiles on peut grandement avancer dans la recherche de ce qui s’est réellement passé lors des controverses et des événements concernant Jésus. A la lumière de ceci, j’ai trouvé intéressant l’étude du travail de l’éminent spécialiste F.F. Bruce Jesus et Christian Origins outsider the New Testament (traduction: Jésus et les Origines Chrétiennes en dehors du Nouveau Testament) ( 1974 215pp.)

Dans cette étude, il a identifié et analysé les références Juives Rabbiniques à Jésus dans le Talmud et la Mishna. Il a noté les commentaires rabbiniques suivant sur Jésus:

Ulla dit: Pourriez-vous croire que la défense de Jésus ait pu être poursuivi avec autant de zèle? C’était un imposteur et le Tout miséricordieux dit: ‘Mais tu le feras mourir; ta main se lèvera la première sur lui pour le mettre à mort, et la main de tout le peuple ensuite; [Deutéronome 13:9].  C’était différent pour Jésus car il était proche de la royauté p56

FF Bruce fait la remarque suivante concernant la déclaration rabbinique:

L’interprétation est qu’ils essayaient de lui trouver une défense (une note apologétique contre les Chrétiens est visible ici). Pourquoi essayeraient ils de défendre quelqu’un avec de tels crimes. Parce qu’il était ‘proche de la royauté’ c.-à-d. de David. p57

En d’autres termes, Les rabins juifs hostiles ne contestaient pas l’assertion que Jésus était vraiment de la lignée de David. Bien qu’ils n’acceptaient pas la revendication de Jésus d’être le ‘Christ’, et bien qu’ils aient été opposés aux déclaration de l’évangile à son sujet, ils affirmaient toujours que Jésus était issu de la lignée de David.  Nous voyons donc que les auteurs de l’Evangile n’ont pas tout simplement inventé ceci pour pouvoir obtenir la ‘réalisation’.  Les témoins hostiles sont d’accord sur ce point.

Jesus, né d’une vierge, que penser?

On peut très bien pas réagir trop fortement contre le fait que Jésus se revendiquait de la lignée de David. Après tout, il y a toujours une possibilité statistique qu’il y ait des chances que ceci soit vrai.

Mais né d’une vierge?! Il n’y a aucune possibilité que ceci puisse arriver ‘par chance’. C’est un de ces: malentendus, une pure invention, ou alors un Evénement Divin – il n’y a pas d’autres options. Luc et Matthieu affirment clairement que Marie conçut Jésus alors qu’elle était vierge.

Et Matthieu renchérit en citant et déclarant que ceci était la réalisation clair d’une prophétie d’Esaïe ( 750 av. Jésus Christ) qui dit:

Voilà pourquoi c’est le Seigneur lui-même qui vous donnera un signe:  la vierge sera enceinte, ell mettra au monde un fils et l’appeler à Emmanuel. (cad. Dieu avec nous) Esaïe 7:14 ( et quoté dans Matthieu 1:23 comme réalisation).

C’est à ce point où de plausibles explications naturelles viennent à l’esprit. Si vous creusez juste un peu (comme le font certains) vous apprenez que l’Hébreu (הָעַלְמָ֗ה transcrit haalmah) qui est traduit par ‘vierge’ ci-dessus pouvait aussi dire ‘jeune vierge’, c.-à-d. une jeune femme non mariée.

Peut être c’était tout ce qu’Esaïe voulait dire, en 750 av. Jésus Christ, et étant donné certains ‘besoins’ pieux de la part de Matthieu et Luc de vénérer Jésus ils ont interprété qu’ Esaïe voulait dire ‘vierge’ alors qu’il voulait réellement dire ‘jeune femme’. La grossesse précoce (pratique cependant pour ‘la prophétie’) de Marie avant son mariage, se développe parfaitement en pièce maîtresse de ‘l’accomplissement divin’ de la naissance de Jésus.

Beaucoup m’ont donné de telles explications au cours des années. D’une part, je ne peux les réfuter – après tout les preuves sur la virginité ou non sont difficiles voire impossibles à prouver.  Mais, sans aucun doute, l’histoire n’est pas simple. Le Septante était la traduction juive de l’Ancien Testament Hébreu en Grec réalisé en 250 av. Jésus Christ – 250 ans avant que Jésus soit né.

Comment ces rabbins juifs ont traduit Esaïe 7:14 de l’Hébreu an Grec? Ont-ils traduit par ‘jeune femme’ ou ‘vierge’?  Ce qui m’étonne c’est que bien que les vingtaines de personnes à qui j’ai parlé à ce sujet semblent connaître le fait que l’hébreu original puisse signifier soit ‘jeune femme’ soit ‘vierge’, aucun d’entre eux n’a jamais évoqué le témoignage du Septante.

Lorsque on y regarde, on voit que ceci est traduit, sans équivoque et de façon catégorique par παρθένος (transcrit parthenos), qui signifie ‘vierge’.  En d’autres termes, les rabbins éminents de l’époque de 250 av. Jésus Christ comprirent la prophétie hébraïque comme signifiant ‘vierge’, et pas ‘jeune femme’ – plus de 250 ans avant que Jésus n’apparaisse sur la scène. Ce concept n’a pas été inventé par les auteurs de l’Evangile ou les premiers Chrétiens, c’était juif même bien avant le naissance de Jésus.

Donc pourquoi, un groupe d’érudits juifs en 250 av. Jésus Christ (soixante dix d’entre eux ‘après la tradition) auraient fait une prédiction aussi ridicule et si improbable qu’une vierge allait avoir un fils.  Si vous pensez que c’était parce qu’ils étaient superstitieux et peu scientifiques à cette époque, alors réfléchissez- y. Les gens dans cette région étaient fermiers.

Ils savaient très bien comment la reproduction se passait. Même cent ans avant le Septante, Abraham et Sarah savaient qu’après un certain âge, la ménopause s’installait et que la grossesse devenait impossible.

Aucuns érudit en 250 av. Jésus Christ ne connaissait la table périodique des éléments ou le spectre électromagnétique complet, mais ils comprenaient comment les animaux et les êtres humains se reproduisaient. Ils auraient su que c’était naturellement impossible de prédire une naissance pour un vierge. Mais ils n’ont pas protégé leurs arrières en la faisant devenir une ‘jeune femme’ dans le Septante. Non, ils ont écrit noir sur blanc qu’une vierge aurait un fils.

A présent, considérons l’accomplissement d’une partie de cette prophétie. Bien qu’il ne puisse pas être prouvé que Marie était une vierge, elle était au stage bref de sa vie ou ceci pouvait au moins demeurer une question ouverte.

C’était une époque où les familles était nombreuses. Les familles avec dix enfants n’étaient pas rares. Ceci étant, quelle était la probabilité que Jésus soit le plus vieil enfant?  Car s’il avait eu un frère ou une sœur plus âgée, nous saurions alors que Marie n’était pas vierge. De nos jours, lorsque les familles ont environ 2 enfants, ça correspond à cinquante cinquante des chances, mais à cette époque, c’était plus près de 1 chance sur 10.

En d’autres termes, les chances étaient de 9 sur 10 pour que l’accomplissement puisse être rejeté par le simple fait que Jesus ait eu un frère ou sœur aîné. – mais encore une fois (contre toute attente) il n’en avait pas. A présent, regardons dans tout cela le timing remarquable des fiançailles de Marie. Si elle s’été marié même quelques jours auparavant, la ‘réalisation’ de la prophétie de la naissance venant d’une vierge pouvait encore être tout simplement exclu. Par ailleurs, si elle n’avait pas été encore  fiancée et était devenue enceinte,elle n’aurait pas eu de fiancé pour prendre soin d’elle. Dans cette culture, étant enceinte mais non fiancée, elle aurait eu à se défendre seule – si on l’avait laissé vivre.

Le contexte de Marie

Ce qui me frappe, ce sont ces séries de ‘coïncidences’ remarquables et invraisemblables qui rendent l’explication concernant la vierge impossible à réfuter.  Si Marie avait été marié avant que Jésus soit né ou si Jesus avait eu des frères et sœurs plus âgés, alors les témoins juifs hostiles l’auraient certainement fait remarqué. A la place, il semble encore une fois qu’ils s’en soient remis aux auteurs de l’évangile sur ce point. FF Bruce note ceci lorsqu’il explique la façon dont Jésus est fait référence dans les écrits rabbiniques:

Jésus est fait référence dans la littérature rabbinique en tant que Jesus ben Panteta ou ben Pandira. Ceci peut signifier ‘le fils de la panthère’. L’explication la plus probable est que c’est une altération de parthenos, le mot grec pour ‘vierge’ et il émergea des références chrétiennes où il apparaît comme le fils d’une vierge ( p57-58)

Aujourd’hui, tout comme à l’époque de Jésus, il y a beaucoup d’hostilité envers Jésus et ce que revendique l’évangile. A l’époque, comme maintenant, il y avait une animosité significative envers lui. La différence cependant concernant l’hostilité c’est qu’à cette époque là, il y avait aussi des témoins, et en tant que témoins hostiles, ils n’ont pas réfuté certains points basiques qu’ils auraient dû pouvoir réfuter, s’ils avaient été inventés ou erronés.

La promesse atemporelle à un homme circonspect – discrète mais éternelle

A l’heure de la rédaction, l’attention du monde se porte sur de multiples championnats sportifs.  Le NFL américain se dirige vers le SuperBowl.  Les champions de l’année de hockey et de basketball se décident bientôt.  Et pendant que les fans nord-américains s’accrochent à ces sports, la majorité du reste du monde se focalise sur le Grand Slam de Tennis en Australie.  Et puis les matchs et les championnats de soccer (football) sont toujours présents.

Quant on y pense c’est incroyable que toute l’attention portée sur ces championnats sera en définitive oubliée en l’espace de six mois. Ce que le monde considère important à l’heure actuelle sera vite oublié quand il passe à d’autres amusements, championnats ou événements politiques. Ce qui fait la première page un jour se tourne vite en histoire oubliée le jour suivant.

Nous avons vu dans l’article précédent que ce même schéma se répétait à l’époque ancienne d’Abraham. Les compétitions, les exploits, les drames importants et spectaculaires qui retenaient l’imagination il y a 4000 ans, sont oubliés de nos jours. Mais  une promesse solennelle communiquée calmement à un individu, promesse négligée du monde de ce temps-là, grandit et  déferle sous nos yeux. Je souligne le point évident, mais souvent négligé, que la promesse faite à Abraham il y a environ 4000 ans s’accomplit littéralement, historiquement et est vérifiable. Il y a lieu de reconnaître au moins que cette promesse nous offre un plaidoyer préliminaire en faveur de l’existence du Dieu de la Bible. Le récit d’Abraham se poursuit par d’autres rencontres avec le Dieu de promesses. Abraham et ceux qui suivent son cheminement apprennent encore plus – voir la promesse qui passe du domaine de l’histoire à celui de l’Eternel. Ce récit n’est pas un événement vite démodé comme les championnats sportifs du jour, mais le récit d’un homme circonspect qui permettra de comprendre et saisir l’éternité. Il serait sage d’y prêter attention.

La plainte d’Abraham

Plusieurs années se sont écoulées depuis la Promesse dite à Abraham dans le récit de Genèse 12. Abraham avait déménagé à Canaan (la Terre Promise), Israël aujourd’hui, en obéissant à la promesse. D’autres événements mémorables se produisent ensuite excepté celui qu’il attend – la naissance du fils au travers duquel s’accomplirait la promesse. Nous reprenons le récit à la plainte d’Abraham:

Après ces événements, la parole de l’Eternel fut adressée à Abram dans une vision, et il dit: Abram, ne crains point; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande.

 Abram répondit: Seigneur Eternel, que me donneras-tu? Je m’en vais sans enfants; et l’héritier de ma maison, c’est Eliézer de Damas.Et Abram dit: Voici, tu ne m’as pas donné de postérité, et celui qui est né dans ma maison sera mon héritier. (Genèse 15:1-3)

La promesse de Dieu

Abraham campait au Pays et attendait le départ de la ‘Grande Nation’ qui lui était promise. Mais rien ne se passe et il a maintenant environ 85 ans. Il se plaint de ce que Dieu ne tient pas la Promesse qu’Il lui avait faite. Leur conversation se poursuit:

Alors la parole de l’Eternel lui fut adressée ainsi: Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais c’est celui qui sortira de tes entrailles qui sera ton héritier. Et après l’avoir conduit dehors, il dit: Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter. Et il lui dit: Telle sera ta postérité. (Genèse 15:4-5)

Dans l’échange Dieu répète Sa première promesse et déclare qu’il aura un fils qui deviendra un peuple aussi innombrable que les étoiles du ciel – nombreuses mais difficiles à compter.

La réponse d’Abraham: Effet éternel

C’est à Abraham de jouer. Comment répondra-t-il à la Promesse réitérée? Ce qui suit est une phrase que la Bible elle-même considère comme l’une des plus importantes de toute l’Écriture (citée plusieurs fois ultérieurement). Elle établit les fondements pour comprendre l’Évangile et révèle le chemin à l’Eternel. Elle dit :

Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel le déclara juste. (Genèse 15:6)

La phrase est plus facile à comprendre si nous remplaçons les pronoms par des noms. Elle se lit ainsi :

Abram fit confiance à l’Eternel et, à cause de cela, l’Eternel déclara Abram juste. (Genèse 15:6)

C’est une petite phrase qui passe inaperçue. Elle va et vient sans fanfare de championnat et nous sommes enclins à l’éviter. Mais elle a une importance vitale – et elle contient les semences de l’Eternel. Pourquoi? Parce que dans cette petite phrase Abraham est déclaré ‘juste’. Voilà la qualité – et la seule qualité – nécessaire pour se mettre en règle avec Dieu.

Révision du problème: la corruption

Du point de vue de Dieu, bien que nous ayons été créés à Son image, quelque chose est arrivé qui a corrompu l’image. Le verdict biblique est donc :

Du haut du ciel, l’Eternel observe les homes
pour voir s’il y en a un qui est intelligent,
qui cherche Dieu:
3 tous se sont éloignés, ensemble ils se sont corrompus;
il n’y en a aucun qui fasse le bien,
pas même un seul. (Psaume 14:2-3)

Les images qui m’aident à mieux  comprendre sont la corruption des elfes en orcs dans l’épopée du Seigneur des Anneaux ainsi que l’analogie de ‘manquer’ le but utilisée dans la bible. Le résultat final est que nous nous retrouvons séparés d’un Dieu Juste parce que nous n’avons aucune justice. La corruption nous prend et déferle vers un ‘Brave New World’, un monde autonome de Dieu et enclin à faire le mal – la récolte est la futilité et la mort. Si vous en doutez, il suffit de parcourir les manchettes des nouvelles et voir ce que les gens ont fait pendant les dernières 24 heures.

De fait notre corruption nous a rendus répulsifs à Dieu tout comme le cadavre d’un rat en décomposition nous révulserait. Nous ne voudrions pas nous en approcher. La vue et la puanteur nous forceraient à nous tenir à distance. Nous sommes séparés du Créateur de la Vie et les paroles d’Esaïe s’avèrent vraies:

Nous sommes tous semblables à des êtres impurs,
toute notre justice est comme des linges souillés.
Nous sommes tous flétris comme un feuillage,
nos fautes nous emportent comme le vent. (Esaïe 64:5)

Abraham et la justice

Mais nous trouvons cachée, presque inaperçue, dans la conversation entre Abraham et Dieu, la déclaration qu’Abraham a obtenu ‘justice’ – celle que Dieu accepte. Qu’a donc ‘fait’ Abraham pour recevoir cette justice? Encore une fois sans prétentions, le texte dit tout simplement qu’Abraham ‘fit confiance’. C’est tout? Nous voilà devant l’obstacle insurmontable d’être des ‘orcs’ corrompus, et la tendance naturelle, et puis-je dire universelle, de l’être humain à travers les âges  de rechercher des religions sophistiquées et difficiles, des efforts, une morale, des disciplines ascétiques, des enseignements, des systèmes de mérites, etc., – pour acquérir la justice. Mais cet homme, Abraham, obtient cette justice prisée en ‘croyant’ tout simplement.

Que signifie cela? En quoi cela concerne-t-il votre justice et la mienne? Cela a une importance totale pour votre justice et la mienne! Nous le verrons dans l’article suivant.